RÉSUMÉ DES CHAPITRES PRÉCÉDENTS
Le narrateur s’est lancé dans l’exploration de la mystérieuse maison aux 30 portes où demeure un certain professeur Gaultier qui a réussi à entrer en contact avec des univers inconnus co-existant dans l’espace. Les héros de l’histoire ont ouvert la 6e porte et ont pénétré dans une forêt à la végétation inconnue. Là, une étrange population d’hommes de verre était terrorisée par le professeur Gaultier. Celui-ci est capturé par les héros de l’histoire, mais il parvient à leur échapper. Il est tué, et les héros de l’histoire restent prisonniers au pays de la 4e dimension. Ils se lancent dans l’exploration du pays des hommes de verre. Ils finissent par découvrir les ruines d’un étrange chemin de fer électro-magnétique qui semblent les vestiges d’une civilisation disparue.
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« Regarde ! » dit-elle, en montrant une tache blanche dans l’herbe.
C’était un crâne humain à demi-écrasé. D’autres ossements gisaient près de l’engin. Mon idée se confirma : l’appareil était une voiture aérodynamique, un fuseau qui avait dû être parfaitement régulier avant de venir heurter, avec une violence énorme, le double pilier qu’il avait renversé. Deux séries de hublots avaient éclairé le wagon. Le courant avait dû être coupé soudainement et, privé de son support magnétique, le véhicule- projectile avait manqué l’anneau suivant dans la série.
« Nous allons changer de campement, dis-je à Loya. Ces voisins ne sont pas gênants, mais enfin… »
Nous parcourûmes un ou deux kilomètres de plus, jusqu’aux premiers contreforts de la montagne. Les anneaux du train magnétique grimpaient à la queue leu leu, en direction d’un col ouvert entre deux tranchées à pic. Une source coulait, cascadant sur des rochers de basalte noire.
« C’est demain que commence l’aventure, » s’écria Loya toute joyeuse. La ligne des crêtes se découpait en bleu sombre sur le ciel crépusculaire de soie jaune. Très loin à l’horizon, brillait un mince fil d’argent, la rivière au-delà de laquelle, mangé d’ombre, s’étendait le pays ami. Devant nous, la muraille de l’inconnu…
III
La montagne était peut-être l’aventure, mais c’était à coup sûr la difficulté. Les anneaux s’accrochaient parfois à des falaises verticales inaccessibles. Des passerelles s’étaient écroulées, gisaient, débris tordus au fond de gorges vertigineuses. Avant la fin de la matinée, ayant perdu des heures à chercher les chemins praticables, nous en vînmes à conclure qu’il était impossible de continuer avec les chevaux. Une petite vallée, un cirque plutôt, s’ouvrait, tapissé d’herbes hautes. Je fis halte.
« Si nous les laissions là ? dis-je. Ils pourraient sans doute attendre quelques jours. Nous n’avons vu de fauves nulle part. En faisant ébouler quelques rochers par là, nous boucherons suffisamment la seule issue pour qu’ils ne puissent pas se sauver. »
Tandis que Loya retenait les bêtes, je ramassai une poutrelle brisée près d’un pilier, et, m’en servant comme d’un levier, fis basculer un roc dans l’étroite tranchée qui menait hors du cirque. Il serait facile, au retour, de faire ébouler un pan de terre en surplomb de façon à obtenir une rampe praticable pour les chevaux.
Nous nous partageâmes les bagages, obligés pourtant d’en abandonner une partie, et, ayant chacun un paquet ficelé aux épaules, nous reprîmes notre route. Je dois dire que la présence de Loya n’était pas un handicap. Née et grandie dans la nature, c’était une sportive accomplie, et souvent elle franchissait avec moins de peine que moi tel passage difficile ou dangereux. Toute la journée, nous progressâmes, assez lentement d’ailleurs, à travers les ravins et les pics, suivant la ligne des arceaux, notre chemin parfois facilité par l’ouverture d’un tunnel dans une falaise, un trou parfaitement circulaire qui débouchait face à de nouvelles vallées, de nouveaux pics, tous du même grain noir luisant. Dans l’un de ces tunnels, je tuai d’une flèche un petit lion de montagne, une espèce de puma semi-transparent assez semblable au « Satan » d’Albert Gauthier. La bête, dérangée dans son antre, nous avait observés un moment, prête à bondir, avant que ma flèche ne la cloue au sol. Je m’étais sérieusement entraîné au tir à l’arc depuis mon entrée dans ce monde, mais ceci était mon premier gibier sérieux. Je regrettai de ne pouvoir dépouiller la bête. La fourrure en eût été utile. Mais nous étions trop chargés pour nous embarrasser encore, et nous poursuivîmes notre route. Plusieurs fois, nous dûmes revenir sur nos pas. Un tunnel était éboulé, un autre débouchait sur un précipice étroit mais infranchissable, et il nous fallut trouver une poutre qui puisse nous servir de pont au-dessus de l’abîme.
(À suivre)
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(H. Bourdens, in Le Petit Marocain, trente-septième année, n° 10118, jeudi 20 janvier 1949 ; ce très curieux roman « fantastique, » sur le thème des autres dimensions, n’a jamais été publié en volume ; il est précédemment paru dans L’Avant-Garde, organe central de la Fédération des jeunesses communistes de France, à partir de septembre 1946)
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(in Ce Soir, grand quotidien d’information indépendant, dixième année, n° 1549, vendredi 6 septembre 1946)



Peut-on savoir combien de publications il reste avant la fin ? Je n’ai toujours pas commencé la lecture de ce texte, qui m’a l’air bien étrange, préférant le lire en compilation dans une liseuse.
Merci pour vos partages !
Il vous faudra encore patienter un peu avant la fin de ce roman ; il reste 8 livraisons…
Merci ! je vais me faire un premier tome… ou patienter. 😉