« Notre ciel a plus d’étoiles et notre vie plus d’amour, » disait, un jour d’exil mélancolique, le grand poète brésilien Gonçalves Dias. Ces mots pourraient servir d’épigraphe à plusieurs contes d’AFFONSO ARINOS qui expriment avec tant de force passionnée, la violence et la douceur de sa terre natale. Dans son livre Pelo Serião qui le rendit célèbre et dans ses études du folklore brésilien, nous retrouvons, comme dans la littérature de son pays, cette curieuse alternance de réalisme campagnard et de lyrisme éperdu qui s’attendrit sur la « poésie sauvage et douloureuse » des vieux palmiers et des cabanes abandonnées.
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C’était au temps de la Saint-Jean avec ses nuitées froides.
À l’intérieur d’une cabane basse, à croupetons par terre comme des caetetus dans une grotte, les deux vieux nègres s’attardaient près du trépied chargé de braises. La fumée aurait rendu l’air irrespirable pour d’autres que pour ces deux copains noirs. Les yeux fixés sur les charbons incandescents, comme si de ces braises eût jailli l’évocation des réminiscences qui les tenaient tous deux absorbés, méditatifs, ils semblaient poursuivre un dialogue muet. Seule quelque phrase brève leur échappait à de longs intervalles et venait rompre leur silence.
La porte de la cabane ne pouvait permettre l’accès d’un homme debout. Quiconque y voulait pénétrer devait se courber bien bas et introduire d’abord curieusement la tête, comme pour surprendre au nid quelque animal sauvage.
Par le portillon toujours ouvert, entraient des bouffées d’air froid qui effilochaient la fumée et faisaient, par instants, jaillir une averse d’étincelles.
À pareils moments, le long visage du compagnon de Quindanda se gonflait dans l’imminence d’un rire tout de suite avorté et, pour exprimer à demi l’image éveillée par l’irruption des étincelles, João Congo disait tout haut :
« Les petites filles qui sortent de l’école ! »
Quindanda ne répondait pas ; mais, au bout de peu de temps, comme s’il eût voulu reprendre le sujet qui le préoccupait dans le moment, il s’adressait à son camarade dans le langage de la Côte.
Ils étaient originaires du même pays, et ils étaient les deux seuls ; ils avaient appartenu à la même tribu et ils avaient été gouvernés par le même toba. Quindanda alléguait, dans ses entretiens avec les blancs, la royauté de son sang et c’est avec conviction qu’il se regardait comme prince. Il gémissait, avec un regret sincère, sur son sérail d’odalisques couleur d’ébène.
Dehors, au sein de la nuit, les vers luisants erraient et vibraient dans l’espace au choc musical des grillons.
Les vaches séparées de leurs nourrissons ruminaient couchées, avec leurs grands yeux doux fixés dans les ténèbres ; d’autres mugissaient par intervalles ; d’autres encore, mieux résignées à la séparation, sortaient lentement par la grande barrière, en broutant de-ci delà de petites touffes tendres et glacées de cotingue.
C’était une vaste cour de ferme avec les taches blanches formées par le bétail au repos et les taches sombres des saules et des gamelliers.
La cabane de Quindanda, dans la rangée de bâtiments qui servaient à loger les esclaves, faisait face à un large terre-plain. Là se détachait, à la faible lueur des étoiles dans cette nuit sans lune, la blancheur d’une chapelle. Sur la muraille du terre-plain poussaient des cactus dont les ombres pointues effrayaient de loin le passant non prévenu. Hormis les deux nègres près du feu, il n’y avait en cet endroit aucune trace d’êtres humains.
« On rêve, pé Zan ?
– On pense à la vie, Quindanda. »
Et ils se plongèrent de nouveau dans la méditation et le silence.
Quindanda serra contre son corps la veste de gros lainage et la capuce rouge, pendant que João Congo, riant sans savoir de quoi, montrait à son camarade deux rangées de dents blanches brillant aux lueurs du feu.
« Y a-t-il des pommes de terre à manger, Quindanda ?
– Non, il n’y en a pas. Il n’y a que du manioc au miel. Vois la calebasse qui est là pendue. »
En mangeant et buvant, les langues se déliaient. João Congo se mit alors à raconter des choses de l’ancien temps, de l’époque du vieux maître, du père du vieux maître d’alors, lequel se trouvait déjà dans un âge avancé.
Ils s’interrompirent tout à coup, en s’entre-regardant.
João Congo leva l’index en l’air, pendant que Quindanda, percevant clairement le souvenir terrible qui leur jaillissait simultanément à l’esprit et leur coupait la voix par instants, marmottait :
« L’idée m’est venue à moi aussi de ce que tu penses. Sainte Croix ! Ave-Maria !!! Que Notre Père des Cieux me délivre de la bêle à la patte pelée !
– Je te conjure, Patte pelée ! » s’écria João Congo. Et il se leva pour épier, par la porte basse, la solitude de la nuit.
Du dehors, comme si quelque épisode lui fût revenu en mémoire, il reprit :
« Au bas de la grande carrière, là-bas même, eut lieu l’aventure. »
Il rentra et se mit à croupetons.
Petit, maigre, le visage tiré, la peau brûlée et furfuracée, ridée comme celle d’un genipape mûr, Quindanda paraissait plus âgé que son compagnon. Grand et mince, le visage allongé terminé par une touffe de barbe rude au menton, Congo avait dans ses yeux rouges et dans sa physionomie pleine de circonspection quelque chose du loup astucieux et expérimenté.
Peu à peu, par gorgées jaillissantes, il se mit à s’épancher, racontant tantôt dans la langue de la Côte, tantôt dans son portugais petit nègre, la terrible histoire.
Quindanda, pelotonné dans les cendres comme un vieux chat, faisait étinceler ses yeux profonds au milieu de la cabane enfumée.
Combien d’années avaient pu s’écouler, ils ne l’auraient su dire. C’était à l’époque du vieux maître, le père du vieux maître d’aujourd’hui. Devant la grande porte de la fazenda passait le chemin des convois, la route royale qui gagnait Villa Rica. En face, il y avait un rancho spacieux, couvert de tuiles. Un nombreux personnel habitait là, à cause de la chapelle de Notre-Dame du Pilar, et puis parce que c’était le « bord des champs, » appellation que l’on avait conservée à la fazenda. Comme l’endroit était plaisant pour un petit noir déluré comme l’était João Congo !
Ah ! le passage des convois avec les « marraines » coquettes, la tête couverte d’argent, une marionnette rouge au toupet, avec le tintement des clochettes et dans la plaine, par les claires matinées, les chansons des muletiers.
« Que Dieu donne santé à qui souffre long regret, » disait parfois le vieux maître, quand, par la suite des temps, il s’arrêtait à la grande porte et voyait le rancho désert, la route négligée, les grands saules pleureurs pencher de plus en plus vers le sol leur feuillage enchevêtré qui pleure, qui pleure sans relâche, ceux que garde la terre !
Un jour, – c’était aux environs de midi, – parut à la fazenda un jeune homme du dehors, qui montait une mule créole, ferrée des quatre pieds. Il fut longtemps avec le vieux maître, le Colonel José Ayres. L’objet de leur entretien ne pouvait regarder aucun nègre, à plus forte raison un négrillon comme était alors Congo. Mais les négrillons servent bien à quelque chose, à preuve que, vers le soir, le Colonel appela João Congo et lui demanda si, dans l’espace de « deux rosaires et trois couronnes, » il serait capable d’aller porter une lettre au père Rodrigues, à la cure, à la distance d’une lieue environ.
Congo était sérieux et bien avisé. Comme il ambitionnait d’être le page du Colonel, il mit l’occasion à profit pour montrer ses aptitudes, et il répondit aussitôt :
« Mon maître ordonne ; l’espace de deux rosaires me suffira.
– Prends cette lettre et porte-la au Père. Accompagne-le ici : il viendra aujourd’hui même. Le temps est bon et il connaît bien le chemin. À l’heure de la bouillie de maïs, à la nuit tombante, je veux que le religieux soit ici. S’il ne peut venir, toi, tu ne l’attendras pas, négrillon. Va tout de suite ! »
Congo ne se le fit pas dire deux fois et gagna aussitôt la route ; celle-ci dévalait vers un plateau inculte, où croissaient des herbes aromatiques et que les cochons sauvages réjouissaient de leurs grognements.
Sans grande hésitation, il laissait à main gauche le pont sur la petite rivière, là-bas, au bout des champs marécageux. Il s’éloigna de la ravine et gravit le morne à pic. Et ce fut au moment où il côtoyait de maigres broussailles sur le versant que ses yeux aperçurent en toute réalité, aperçurent pour ne l’oublier jamais plus, la « Patte pelée. » Il marchait, l’esprit à l’aventure, en allé là-bas sur la Côte lointaine, quand il tomba sur la bête du diable.
Pour dire que c’était une suçuarona, non, un loup, pas davantage ; ce ne pouvait être un ourson. Peut-être était-ce le démon incarné. De l’intérieur du champ d’herbes et de broussailles, l’animal, ou ce qui lui ressemblait, promena autour de lui un regard circulaire, aperçut le nègre et continua son chemin, sans s’inquiéter de la rencontre. Le négrillon était à pied, un croissant à l’épaule. Au début, il hésita à poursuivre sa marche et il recula d’épouvante ; mais, revenant aussitôt de ce premier mouvement, peut-être parce qu’il voyait l’animal lui tourner les talons avec indifférence et continuer sa route, il pressa également le pas en avant.
Il put alors examiner la bête étrange, qui faisait si peu de cas des gens : elle avait le poil fauve comme celui d’un jaguar rouge, la queue longue et mobile, la ligne des reins noire et lustrée.
Pour le reste, c’était un loup de plus forte corpulence, et l’on aurait pu la comparer pour la taille à un jeune veau. La tête était plutôt ronde que longue. Ce qui étonnait le nègre, c’est que l’animal ne trottait, ni ne courait, comme le loup, mais galopait sur trois pattes : l’une des pattes de devant étant recroquevillée et pelée.
Était-ce œuvre de quelque sorcier à deux pieds ou sortilège de l’animal lui-même ? De temps en temps, il tournait la tête vers le noir pour voir s’il l’accompagnait.
On ne pouvait dire que l’effroi des choses de l’autre monde produisait un tel effet ; car le soleil léchait encore la cime des buissons avant de disparaître ; l’après-midi était claire et sereine, surtout en rase campagne ; mais le négrillon se sentait en quelque sorte fasciné par les yeux de la bête.
Quelle influence démoniaque y avait-il en eux ?
Ils dégageaient une lueur pareille à un feu bleuté ; rieurs et menaçants tout ensemble, ils semblaient appeler les gens à quelque terrible mystère. Congo ne s’arrêta pas, franchissant les broussailles, descendant des ravins, gravissant des mornes dans les foulées de la « Patte pelée. »
Le jour ne dure pas toujours ; il devait s’achever de bonne heure au sein d’une nuit sans lune. Le temps des deux rosaires s’était écoulé depuis belle lurette, sans que João ait pu pénétrer sous le porche de la cure. Cependant, le négrillon crut reconnaître qu’il se trouvait dans un sentier, et qu’il avait par conséquent quitté la route royale ; il suivait une foulée qui sinuait à travers la brousse sur la pente descendant du morne, dans la direction d’une gorge où se précipitait un torrent sur un vieux pont de rondins.
Il faisait déjà passablement sombre en cet endroit ; car le bois était très haut. Par-delà le torrent, la côte se dressait pour aboutir plus loin à une clairière déserte.
La sente côtoyait un ravin profond, plein de cavernes.
À ce moment, le même feu bleuté qui flamboyait dans les yeux de la bête semblait jaillir en étincelles de son poil. De temps en temps, elle tournait encore son regard vers João Congo. Maintenant, les étincelles de ses yeux lançaient l’épouvante. Seul la nuit au milieu de la forêt, avec les ténèbres devant les yeux et, au milieu d’elles, cette bête infernale, qui portait du feu dans le poil et dans le regard, Congo ramassa toutes ses énergies pour vaincre la terreur et échapper à la fascination. Il était nécessaire d’avancer. Jusqu’alors, il n’avait pas crié ; mais une fois au fond du val, il rugit avec force et cria des noms de saints.
La voix se répercutait dans le défilé, obscurci doublement par la forêt vierge et par la nuit sans lune.
En même temps, des profondeurs de la gorge où gémissait le torrent, se mirent à monter les éclats d’une voix étranglée, de longs sifflets aigus et puissants « comme un tocsin d’alarme pour les mystérieux habitants de ces halliers. »
En approchant du vieux pont sur la rivière, João Congo vit la « Patte-pelée » lui lancer un dernier et plus long regard, puis, faisant jaillir le feu de ses yeux, de sa bouche, de son poil, de la pointe de sa queue, la bête poussa un vigoureux miaulement, avant de s’élancer dans la cavité.
Le noir s’arrêta court à l’entrée du pont, en entendant encore miauler dans l’éloignement l’once en rut.
On eût dit que le bois allait se dérober sous ses pieds et le précipiter dans le torrent, là au fond. Le pont n’avait pas de garde-fous, et qui sait les trous que l’obscurité pouvait cacher ?
Cependant, il reprit courage et, à tâtons, en avançant tout doucement, il traversa le pont pour gagner la berge opposée.
Là-haut, il vit de nouveau passer devant lui le dos courbé et étincelant de la « Patte-pelée. »
Alors, il commença d’entendre, de la lisière de la forêt, des gémissements humains, faibles et pareils à ceux d’un enfant.
Les yeux de la bête avaient cessé de se tourner vers lui, comme tout à l’heure ; mais son corps flexueux serpentait devant le nègre, en étincellement de lumière bleutée. Par-devant une caverne, qui s’ouvrait au bord du chemin, Congo vit disparaître l’animal.
Il comprit qu’il allait être attaqué bientôt.
À coup sûr, ces cavernes servaient de repaire à la bête infernale.
Combien de compagnons pouvait avoir là la « Patte-pelée ! » Si l’animal s’était caché pour un instant, sans doute était-ce pour aller donner l’alarme aux autres, là au fond du souterrain.
Cette réflexion traversa rapidement l’esprit de João Congo ; en même temps, il put se rendre compte que le sentier en face des cavernes se rétrécissait jusqu’à n’être plus qu’une bande étroite de sol. Le terrain en cet endroit était déchiré et formait un précipice couvert de végétation ; au fond coulait un filet d’eaux pleureuses, qui, tout de suite au-dessus du vieux pont, se déversait dans le torrent.
Pas de doute ; la « Patte-pelée » le tenait bien assiégé. Là, d’une simple poussée, Congo dégringolerait au fond du précipice.
Il fallait reculer, s’il ne voulait pas mourir stupidement, sans moyen de défense.
Comme il en arrivait à cette conclusion, il vit poindre à l’entrée de la première caverne la tête de la « Bête à la Patte pelée, » ou plutôt les deux yeux qui flambaient dans l’obscurité. La chose était véritablement vilaine.
En cet endroit, pensait João Congo, l’unique recours était de se confier étroitement à saint Benoît et au croissant de sa faux.
Mourir pour mourir, on doit mourir le plus tard possible. Le moricaud n’eut pas le temps de recommander son âme, car la « Patte-pelée » bondit aussitôt au-dessus de sa tête, les deux énormes pattes en l’air, les griffes crochues dégainées, la sombre gueule montrant les dents, exhalant des rugissements féroces. Il semblait bien que João Congo devait trouver là sa fin, écrasé comme un poulet sous le sabot d’un cheval.
Il semblait, mais il n’en fut rien, et ce ne fut pas seulement parce que Dieu n’y consentit point.
Le récit peut paraître incroyable ; cependant, les choses arrivèrent bien réellement comme je les narre. Cela prit le temps d’ouvrir et de fermer les yeux, la « Patte-pelée » fit un bond au-dessus de lui ; João Congo tomba en arrière. L’élan de l’animal fut-il trop grand, le moricaud fit-il en sorte de plonger au-dessous de lui ? Toujours est-il que la bête alla droit en haut du précipice, au moment même que le négrillon, dégringolant le long de la berge du ravin, s’accrochait de-ci de-là aux broussailles et aux racines d’arbres.
Brusquement, il s’arrêta ; il lui parut être au fond du précipice, sans chute, sans choc ni douleur. Était-ce possible ? Vivant ou mort ? Qui sait ? Sans doute était-ce la mort. Elle ne pouvait être plus vilaine que ce que voyaient les petits yeux du nègre, écarquillés et brillants.
Au-dessous de lui, par en haut, à droite et à gauche, régnait la plus noire obscurité ; pas même le clignotement craintif d’une étoile solitaire et lointaine. Il n’y avait que du brai, du brai de toutes parts.
La grande ténèbre ne pouvait être que la mort, pensait João Congo.
Mais bientôt survint quelque chose de pis : du sein des ténèbres monta peu à peu un grognement de menace. Ce grognement alla crescendo, et peu à peu le précipice, le défilé, le filet d’eaux pleureuses et le torrent retentirent de hurlements, de miaulements et de rauquements épouvantables.
Convaincu et résigné, João fit un rapide examen de conscience, en se demandant pour quel motif il avait pu être ainsi jeté à l’enfer.
Et il trouva que cet enfer était encore plus laid que l’autre, celui que le prêtre avait dépeint dans son dernier sermon, le jour de Noël.
Au moins, dans l’autre, il y a compagnie, encore que d’âmes perdues et de démons, tandis que dans celui-ci, s’étendaient de toutes parts la solitude et l’obscurité.
En vain, joão Congo, tout doucement, avec précaution, étendait une jambe, allongeait un bras, s’efforçant de tâtonner autour de lui ; il ne rencontrait que le vide. En effet, son corps, pris dans un enchevêtrement de lianes, se balançait doucement dans l’espace.
Quand il se rendit compte qu’il était suspendu au-dessus du précipice à mi-chemin du fond, il se recroquevilla et écarquilla les yeux davantage encore, comme s’il avait voulu palper le terrain au-dessous de lui et sonder la hauteur de la chute probable.
Alors, avec une horreur infinie, il vit s’allumer de nouveau dans le fond du précipice, comme pour l’attirer et le dévorer, les yeux sinistres de la « Patte-pelée. » Congo ferma les yeux et, de temps à autre, il poussait une plainte caverneuse d’agonisant.
Il perdit conscience, semble-t-il ; car il était grand jour quand Quindanda, envoyé avec d’autres par le vieux maître en quête du négrillon, le découvrit accroché à une branche de bois d’huile, qui avait poussé sur la berge du ravin, et entortillé dans un lacis de lianes, suspendu dans l’espace.
João Congo n’avait pas de blessures ; mais ses yeux démesurément ouverts et ses traits affaissés marquaient l’abrutissement complet.
Pendant longtemps, après qu’on l’eût hissé sur la berge du ravin, à force de bras, il demeura muet. Quindanda lui donna quelques tapes dans le dos et le secoua violemment, en lui demandant, avec des cris, s’il était devenu muet et idiot. Rien, pas de réponse.
Finalement, João Congo poussa un grand soupir de soulagement et, comme s’il eût senti en cet instant se desserrer son étouffement, il hurla :
« Holà ! ho ! la « Patte-pelée ! »
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(Affonso Arinos [« O Mão-pelada, » Histórias e paisagens, Rio de Janeiro : Livraria Francisco Alves, 1921], traduit par Phileas Lebesgue et Manoel Gahisto, in Revue de l’Amérique latine, première année, volume I, n° 4, avril 1922 ; cette traduction a été reprise par Francisco García Calderón dans son anthologie Récits de la vie américaine, Paris : Éditions Payot, 1925. « Its Huge, Scaly Carcase, » illustration d’Arthur Layard pour Fifteen Hundred Miles an Hour (The story of a visit to the planet Mars), edited by Charles Dixon, London: Bliss, Sands and Foster, 1895)
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☞ Cette nouvelle a été traduite sous le titre : « The Beast with the Bare Paw, » dans The Living Age, volume 314, n° 4073, samedi 29 juillet 1922.
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THE BEAST WITH THE BARE PAW
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