Gaietés électorales
L’affiche suivante a été apposée sur les murs de Courtenay, commune de l’arrondissement de Montargis :
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
___
VILLE DE COURTENAY
___
ÉLECTION AU CONSEIL MUNICIPAL
DU 5 MAI 1912
___
Électeurs,
Inutile de vous faire des boniments. Je ne veux pas vous dire que vous serez mieux représentés par moi que par d’autres.
JE M’EN FOUS !
Votez pour moi, JE M’EN FOUS ! Ne votez pas pour moi, JE M’EN FOUS !
ROY EUGÈNE (dit Bidard),
Candidat J’menfoutiste.
Vu le candidat : ROY.
_____
Saluons M. Eugène Roy, dit Bidard : il ne courbe pas l’échine devant les électeurs, il ne leur promet ni routes, ni tramways, ni chemins de fer, il dédaigne de les séduire en leur jurant que tous les impôts, dès le lendemain de son élection, seront supprimés. Son programme est clair, concis, facile à réaliser ; il manque peut-être d’élégance, mais non de gaieté et de crânerie.
Bidard est un candidat sincère et indépendant : il sera donc battu à plates coutures.

_____
(in Gil Blas, trente-quatrième année, n° 12865, lundi 6 mai 1912)

