(Cote quinzième de l’inventaire de mes Châteaux en Espagne
comprenant l’interprétation de la Symphonie en LA,
par les fleurs, les passions et la philosophie.)
À M. Auguste Wacquez.
Qu’est-ce que l’esprit d’une symphonie ? De quelle nature est cette inspiration supérieure qui, dans une grande composition musicale, domine le chant et les accords, la mélodie et l’harmonie ? Voilà ce que vous me demandiez dernièrement à propos du Festival.
Il y a bientôt dix ans que je me posai la même question en me rendant à une des matinées du Conservatoire. Dans ma préoccupation, je me sentis heurté par un étranger qui marchait précipitamment. Il s’excusa en me racontant ses ennuis. Depuis une heure, il cherchait en vain à se placer. Tous les billets étaient pris, lui disait-on, depuis le commencement de la saison ; il n’avait même pu fléchir aucun des commissaires. « Cela m’est d’autant plus cruel, ajoutait-il, que c’était un des plaisirs que j’avais surtout promis à ma femme en venant à Paris. »
Celui qui me parlait ainsi était un homme dont l’âge avancé ne se révélait que par quelques cheveux gris et quelques rides du visage. Du reste droit et robuste, plein de vigueur et de santé, c’était un de ces Hollandais forts et calmes, pâles et froids comme vous en avez tant vu. Celui-ci avait pourtant un regard profond et intelligent qui le rendait plus facilement sympathique.
À son bras se tenait une femme de vingt-deux ans au plus, jeune compagne d’un vieux mari, belle Wallonne potelée, blanche et douce comme une Allemande, gracieuse et animée comme une Française. Elle était vêtue d’une façon qui répondait parfaitement au caractère de sa beauté. Sa toilette alliait ce goût de luxe et de fraîcheur qui distingue les Flamandes à cette élégance sévère et distinguée que recherchent les Parisiennes.
Elle était charmante en ce moment de contrariété. Ses beaux yeux bleus brillaient d’impatience tandis que sa bouche mignonne et fraîche se contractait de dépit.
« Si vous connaissiez mieux Paris, répondis-je au mari, vous sauriez, Monsieur, que nul au monde ne pourrait réussir à vous placer ici. Je n’ai trouvé moi-même, en m’y prenant longtemps à l’avance, qu’une loge cintrée. Elle contient deux places, je n’en occupe qu’une et je me trouverais fort heureux de vous offrir l’autre, si elle pouvait être acceptée par l’un de vous.»
Le Hollandais resta quelques instants silencieux et réfléchi, puis il me demanda : « À qui ai-je l’honneur de parler ? »
Je saisis son intention comme il avait compris la mienne et lui remis ma carte. Il l’examina ainsi que ma personne avec un flegme singulier, puis engagea sa femme à accepter mon offre. Quant à lui, s’il ne trouvait pas à se placer, il s’en consolerait aisément en nous attendant à un restaurant voisin. Il me pria instamment d’accepter le dîner qu’il y ferait préparer. Car il connaissait trop les convenances pour m’offrir le prix de la place que je cédais à sa dame.
La belle Flamande simula d’abord un refus, comme la politesse pour moi et l’amitié pour son mari l’exigeait, puis elle se décida et s’appuya sur mon bras.
Nous parcourûmes jusqu’aux cintres les escaliers sombres et les corridors délabrés de cette vieille salle des Menus-Plaisirs. Et lorsqu’on nous ouvrit la loge, la première impression de cet orchestre qui n’a pas son pareil au monde fit frémir dans tous ses membres mon impressionnable compagne.
Elle m’apprit alors qu’elle n’avait jamais entendu d’ensemble symphonique. Musicienne exercée, elle connaissait les grands maîtres par la lecture et le piano, mais, élevée dans une petite ville du pays de Liège, elle n’avait jamais eu l’occasion d’entendre plus de cinq instruments réunis. Vous concevez quelle impression elle devait ressentir en présence de cet orchestre si puissant que vous ne pouvez vous représenter, mon cher Wacquez, qu’en imaginant notre Festival transporté dans une toute petite salle. Les exécutants sont, il est vrai, bien moins nombreux au Conservatoire qu’ici, mais ils ont tous leur son entier. Dix de ces violons en valent plus de trente des nôtres.
Le concert était déjà fort avancé. On terminait l’ouverture du Timoléon. Vinrent ensuite un concerto exécuté par Massart, et un air d’Iphigénie chanté par ce bien regrettable Alizard.
Enfin, la symphonie en LA s’empara, dès les premiers accords, de toute notre attention. J’écoutais depuis longtemps, tout absorbé dans ce chef-d’œuvre, et déjà l’admirable motif de l’andante se dialoguait entre les instruments, lorsqu’un soupir me fit reporter les yeux sur ma compagne.
Connaissez-vous, mon cher Wacquez, ces natures nerveuses qui se dissimulent sous l’enveloppe d’un embonpoint trompeur ? Ce feu dévorant qu’un pédant a appelé : la Sensitivité, loin de dévorer comme d’ordinaire ce qu’il peut consumer, semble avoir soufflé à plaisir les chairs et les muscles, semblables à cette mousse légère que la chaleur répand à la surface du lait. On croit voir de ces angoras qui cachent sous un duvet soyeux et épais la sèche et vivace maigreur de leur corps.
Ce sont là les natures les plus exquises. Cette impressionnabilité souffrante sous les apparences de la santé, cette finesse de perception sous le manteau du calme et de la froideur, ces abîmes sous une eau paisible, sont ce que l’esprit peut concevoir de plus séduisant.
Aussi, pendant que cet andante tendre et violent, triste et énergique, l’un des beaux qu’ait trouvés Beethoven, passait d’une phrase à l’autre, prenant ici la teinte émouvante et délicate des violons, là le fier et rude accent des cuivres, empruntant tour à tour la légèreté brillante des instruments de bois ou la sévérité sombre des grands instruments à cordes, pendant que chaque mesure nous apportait une émotion nouvelle, cette femme était là, devant moi, pâlissant, gémissant, fermant les yeux, les traits contractés, les bras pendants, la tête renversée. Je lui adressai la parole ; elle ne répondit pas. Je m’effrayai. Je connais par expérience ces caractères du spasme, et je sais ce qu’ils font souffrir. Une attaque de nerfs pouvait suivre, et dans ces lieux élevés où les ouvreuses sont du sexe masculin, quels secours espérer ? Je lui pris la main, une main adorable perdue sous des flots de riches dentelles, une main inerte et mouillant d’un sueur glacée la peau délicate de son gant. Je serrai, je pressai ; pas un mouvement. Enfin, j’entendis ces deux mots prononcés bien bas, d’une voix émue, mais décidée : « Laissez-moi. »
Je me retirai tranquillisé et mon attention fut de nouveau absorbée par la musique. Après les derniers accords de cette seconde partie, le scherzo étincela vif, capricieux, fougueux et hardi. La belle madame rouvrit les yeux, releva ses membres abattus, respira et, accompagnant le rythme des mouvements de son front coquet, sécha le voile de larmes répandu sur son visage.
Elle reprit mon bras lorsque le final de la symphonie eût terminé le concert. Nous marchâmes recueillis, heureux et émus, jusqu’au café Vachette sans échanger une parole. Une chambre nous fut indiquée. Nous trouvâmes là notre Hollandais qui nous attendait devant une table où régnaient le champagne dans son sabot de glace, le pâté de foie gras dans sa terrine jaunâtre et le brochet sur son lit de verdure.
Quand nous fûmes bien installés :
« Monsieur, dis-je à notre hôte, vous avez singulièrement perdu. Quelle admirable création que cette symphonie en LA !
– Je la connais bien, me répondit-il ; je l’ai au bout de mon jardin.
– Comment, au bout de votre jardin ? Quelle est cette mauvaise plaisanterie ?
– Je ne plaisante pas. Ces Français vraiment s’étonnent de tout. J’en ai bien d’autres. J’ai un oratorio de Hændel en parc, une symphonie d’Haydn en quinconce, une sonate de Hummel en potager, un quatuor de Mozart en parterre. N’est-ce pas, Marie-Ange ?
– Sans doute, dit la belle en s’inclinant. J’ai moi-même la Romanesca en corbeille sous mes fenêtres.
– Je commence à comprendre, m’écriai-je. Voilà qui est tout à fait hollandais. Monsieur est sans doute un grand amateur de fleurs ?
– Dites idolâtre. Ceux que vous appelez amateurs en France sont aux fleurs ce que les brocanteurs sont aux tableaux. Ils appelleront une scabieuse : printemps, une tulipe : Jenny Lind, un lys : Déjazet et une rose : le prince Louis.
Mais comprendre les fleurs, se plaire dans leur intimité, connaître leur moral, ne pas contrarier leur vocation, ne pas blesser leur amour-propre, c’est ce que vous ne savez guère en ce pays. Venez chez moi, dans mon petit village d’Armonia. À peine entré dans mon jardin, vous n’hésiterez pas, vous direz : « Voilà Victor Hugo, voici Mendelsohn, ici Delacroix, là Céritto, plus loin Rachel. »
N’entendez-vous pas, en pénétrant sous l’ombre de ces mélèzes et de ces chênes, les sons des cuivres et les accords des sombres et longues cordes de la contrebasse ? Un chant de violons et d’altos ne court-il pas dans cette allée lumineuse, entre les masses épaisses et noires de ces peupliers, comme une mélodie éclatante sous un accompagnement martelé et ténébreux ? Et ces petites fleurs en mineur qui croissent au pied de ces arbres, ne sont-ce pas les gracieuses broderies des flûtes et des hautbois, comme ces buissons incultes les traits hardis et sauvages des trompettes ? Du sein de cette pelouse immense que l’eau entoure au pied des marronniers, n’avez-vous pas dans tous ces massifs le même motif sans cesse reproduit et passant avec des aspects nouveaux, suivant les saisons, des géraniums aux verveines, des roses aux reines-marguerites, comme dans cet adagio sublime, que vous entendiez tout à l’heure et qui conserve sans cesse son ensemble doux et limpide, surgissent tour à tour en se répondant les violons et les violoncelles, les cordes et les cuivres, les altos et les bassons ? Ma femme, vous le voyez, approuve mes paroles. Je suis sûr qu’elle a respiré toute cette symphonie avec délices, car Marie-Ange comprend les fleurs par leurs odeurs, comme je les comprends par leurs couleurs.
– J’avoue, répondit Marie-Ange, que ce matin j’étais bien loin des fleurs. Le plus souvent, quand j’écoute une de ces grandes compositions, ce sont les plaisirs et les peines du cœur que je crois entendre. Pour moi, c’est un drame tout entier qu’une symphonie. Je vois d’abord le calme de l’âme innocente et le sérieux des études de la jeunesse dans le largo de l’introduction. Quelques sons mystérieux portent tout à coup le trouble dans ce cœur ému. Les hommages, les tendres propos, les prières touchantes, les rêveries mélancoliques règnent dans l’andante. Puis vient le scherzo qui a perdu la réserve du premier âge et s’abandonne au plaisir avec un rythme vif, ardent et varié. Mais le final résume toutes ces émotions qui ne sont plus que des souvenirs et l’homme les apprécie avec la mâle énergie de l’âge mur. Ainsi s’écoule la symphonie, comme la vie elle-même, entre le recueillement et l’agitation, les ressentiments et les regrets, les consolations et les plaisirs. Connaissez-vous, Monsieur, le quatuor en UT de Mozart ?
– Je crois me le rappeler. N’est-ce point là que se trouve l’adagio le plus tendre et le plus déchirant qui soit jamais sorti d’une plume inspirée ?
– C’est justement de ce morceau que je veux vous parler. Eh bien ! en l’écoutant, ne voyez-vous point passer devant vous les personnages et les situations de cette lamentable histoire ? Le violoncelle commence. Il expose aux autres instruments le sujet de sa peine. Son chant est grave, simple, concentré, sans élans. On sent une de ces âmes fortes et grandes que les déceptions les plus amères, les trahisons les plus cruelles, les pertes les plus douloureuses ont seules pu abattre. À peine le violon a-t-il écouté quelques mesures que sa nature expansive et impressionnable se fait jour ; il partage la douleur de la basse et fond avec elle en larmes amères, en sanglots déchirants. Le second violon ne peut se défendre de cette douleur contagieuse, il s’attendrit ; il ne saurait s’élever à la douleur des grandes âmes, mais, dans sa bienveillante simplicité, il s’apitoie profondément sur leur destin. Enfin arrive l’alto. De sa voix sévère et grave, il relève ces caractères abattus. Il fait la part de leur souffrance, mais aussi il leur laisse entrevoir d’austères devoirs et de hautes consolations.
Et de même, dans cette symphonie que nous venons d’entendre, dans cet andante qui, à votre grand effroi, m’affectait si profondément, je croyais revoir toute ma vie ; les émotions de ma jeunesse se réveillaient en moi, les amis que j’ai perdus revenaient de la tombe pour m’entretenir, mes joies passées, mes peines d’autrefois, tout semblait renaître. Mes espérance et mes projets allaient s’accomplir, mais hélas ! mes appréhensions et mes terreurs se réalisaient en même temps.
Et ce délicieux motif de la seconde partie, qui va sans cesse se reproduisant et se modifiant à travers les instruments les plus opposés sans perdre cependant son propre caractère, savez-vous ce qu’il me représentait ? C’est, ajouta Marie-Ange en pressant la main de son mari, c’est une affection qui ne s’écarte jamais de nous. Elle est au commencement, elle est à la fin. Nous trouve-t-elle dans un instant de trouble et de faiblesse, elle se fait grave, austère, ferme, prête à soutenir et à aider, comme les sons mâles des cuivres et des basses. Dans les moments de repos, elle nous arrive joyeuse et douce, heureuse de notre bonheur, et semble emprunter la voix des violons, des flûtes et des hautbois. Me comprenez-vous Monsieur ?
– Oui, oui, Madame, je conçois très bien qu’on puisse voir dans une symphonie le développement des passions, comme on y peut voir, ainsi que le fait votre mari, la disposition des splendeurs de la nature. Rien n’empêche d’y reconnaître mille autres choses encore.
Dans un roman de George Sand, – c’est Jacques, si je me rappelle bien, – plusieurs personnes sont assises autour d’un piano et interprètent, suivant leurs dispositions et leurs aptitudes, les chants que des doigts exercés tirent de cet instrument. Je ne vous raconterai pas cette scène et ne mettrai point mes chétives paroles là où vous pouvez lire des pages inimitables ; je chercherai seulement à expliquer cette diversité d’impressions.
N’est-ce point que tout dans la nature se tient et se modèle sur le même patron ? N’est-ce pas la même loi qui dispose les astres dans les airs, les eaux et les montagnes sur le globe, comme les couleurs sur la petite corolle de la tulipe, comme les muguets au pied du platane ? Peut-il en être autrement ? Le divin architecte qui a construit les mondes n’a-t-il pas dû choisir constamment entre toutes les lois possibles, une seule, l’unique, la meilleure ?
L’homme, être faible, se borne à copier servilement l’artiste immortel. La série qu’il admire dans la nature, il la reproduit dans ses conceptions. De sorte que dans la symphonie éclose de son génie se retrouvent l’harmonie des fleurs, le chant des passions, la mélodie des sentiments, le rythme des mouvements célestes, la mesure de toutes les créations.
Mais n’y a-t-il pas mieux à faire que d’interpréter un ordre d’idées par un autre ? de voir des couleurs dans les sons, des passions dans les mouvements ? Ne chercher ainsi dans l’œuvre du génie rien de plus que la satisfaction de ses prédispositions personnelles, n’est-ce pas un peu puéril ? Vous avez vu des hommes préférer au plus bel orchestre une musique de cavalerie qui les éveille le matin, goûter bien moins une symphonie qu’un nocturne chanté par les jeunes voix des canotiers dans le silence et la fraîcheur de la nuit. Ces hommes, dites-vous, font de l’art une affaire de dispositions sensuelles. Êtes-vous bien sûre de faire autre chose quand vous interprétez une œuvre immense au gré des passions et des affections qui vous préoccupent ?
Non, ce n’est point pour de pareilles faiblesses que Beethoven a écrit sa symphonie en LA. Il a préféré la musique instrumentale parce qu’elle est dépouillée des voix de la terre, des organes connus et des accents dramatiques de la passion humaine. Il a dédaigné de même ces mélodies chantantes, ces phrases aux contours arrondis, ces motifs faciles que l’oreille est prête à reconnaître et à retenir. Il ne s’est préoccupé que d’une seule chose : l’harmonie.
C’est précisément cette loi unique qui se développe dans tous les ordres de la création, c’est la progression de ces nombres mystérieux que Pythagore retrouvait avec adoration dans le ciel comme dans le cœur de l’homme, dans les couleurs et dans les sons.
Notre destination ici-bas est de faire régner cette loi en nous et autour de nous. Mais c’est là une œuvre de grande lutte : lutte contre la matière qui tend à nous asservir à un sol avare, à des éléments destructeurs, à des maladies cruelles ; lutte aussi contre l’esprit, qui semble ne s’élever dans l’humanité que pour chercher à nous plier à des lois injustes, à des institutions égoïstes et à des systèmes faux. Dans ce combat long et cruel, souvent nous nous sentons faiblir ; les blessures de la persécution épuisent nos forces, la fatigue nous énerve. Alors, comme une céleste compensation, il nous est permis d’apercevoir dans une vision sublime cette loi vivante pour laquelle nous avons souffert ; l’harmonie nous est révélée et nous nous croyons un moment transportés aux cieux où elle règne sans partage. C’est la visitation du Seigneur la veille du martyre, c’est le rêve du prisonnier, c’est l’exquise impressionnabilité des malades, c’est la foi ardente de ceux qui souffrent sous l’oppression de la calomnie ou de la violence, c’est enfin l’intelligence et l’amour de l’art qui n’appartient qu’aux cœurs généreux, aux libres penseurs, aux âmes prêtes à se sacrifier pour la vérité !
Et ce sentiment de l’harmonie pure qui nous transporté dans un autre monde, c’est lui-même que vous méconnaissez, Madame, pour vous attacher à je ne sais quelles représentations matérielles des choses d’ici-bas, des plantes de votre jardin, des événements de votre existence, des réminiscences de nos pauvres romans. Ah ! comment pouvez-vous vous égarer ainsi ! »
Madame défendit valeureusement son opinion, Monsieur en fit autant, et nous nous quittâmes enfin au regret de devoir interrompre si tôt notre conversation.
J’écris aujourd’hui même à Armonia pour engager ces époux à venir entendre le Festival.
Nous reprendrons alors cette discussion et je compte sur vous, mon cher Wacquez, pour nous mettre d’accord.

–––––
(Albert D. [Dupuis, alias Albert Lhermite], in L’Artiste, revue hebdomadaire du Nord de la France, deuxième année, n° 1, dimanche 8 juin 1851)

