Pendant un séjour en Angleterre, je fus invité par Mr S…, à lui faire une visite dans une petite cité, près de Londres, que je ne connaissais pas. Il habitait une villa qui avait un grand jardin et, en arrivant, il m’invita à le visiter ; sa femme nous accompagnait.

À peine arrivé sur la pelouse, il me sembla voir sur son bord supérieur, celui qui touchait à la maison, un grand et bel arbre fruitier, tout en fleurs ; en m’approchant, je vis à mon grand étonnement que l’arbre s’était dissous ; il avait disparu.

Très étonné, je parlais à Mr S… de ce fantôme d’arbre que je venais de voir ; et lui et sa femme s’écrièrent : « C’est extraordinaire ! en effet, un grand arbre fruitier a existé, juste à l’endroit où vous l’avez vu ; on l’a abattu il y a un mois, parce qu’il n’a jamais donné de fruits, et seulement des fleurs au printemps ; ses branches ombrageaient la pelouse ; nous l’avions enlevé. »

N’ayant jamais vu cet endroit et ne sachant rien de cet arbre, je trouvai cet incident étrange ; je me demandai comment le fantôme d’un arbre pouvait tomber sous mes sens, semblable à une chose qui existe.

J’ai appris, depuis, que le corps spirituel d’un arbre avait autant de droit à exister que celui d’un homme.

Plusieurs incidents de cette nature ont eu lieu depuis lors, et j’en conclus que rien n’existe matériellement, sans avoir son double spirituel.
 

((Traduit du New Age par E. B. B. P.)

 
 

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(in Revue spirite, trente-huitième année, n° 10, octobre 1895 ; « Les Arbres fuyant l’homme, destructeur de la forêt, » illustration de Apel·les Mestres i Oñós, pour son poème « Liliana, » 1907)