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(in Le Jardin des Modes nouvelles, première année, n° 2, 15 novembre 1912)


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(in Le Jardin des Modes nouvelles, première année, n° 2, 15 novembre 1912)
Passant le lendemain devant l’église de St.-Roch, qui était rouverte depuis peu, je vis nombre de femme s’y porter, et cela me fit naître l’idée qu’il existait encore des dévotes. Je fus curieux de m’en assurer ; il me prit, en outre, la fantaisie de connaître comment cette espèce de femmes traitent l’amour, jugeant qu’elles mêlent quelque chose de divin à leurs sensations voluptueuses. Je voulus connaître aussi l’effet du Talisman sur elles, et je suivis la foule à l’église, dans le dessein d’attaquer la première qui se présenterait.
L’occasion s’en offrit bientôt : je vis entrer après moi une jolie dévote, qui me regarda sous cape, et fut se prosterner au pied d’un autel, où elle eut l’air de faire sa prière ; mais où elle invoquait, probablement, l’esprit de Ste-Thérèse. Elle vint ensuite se placer derrière moi, sans faire semblant de m’apercevoir.
Je ne manquai pas d’abord à me déployer devant la sainte femme. Ayant surpris ses yeux qui considéraient ma structure, et qu’elle baissa aussitôt, comme si la pudeur lui eût mis son voile sur le front, je jugeai qu’elle n’était pas éloignée de mêler l’amour profane avec l’amour divin : je pensai encore que la relique opérait sur elle, et qu’elle était de la trempe des saintes. Je lui dis tout bas quelques mots sur l’intérêt qu’elle m’inspirait : elle feignit de ne pas m’entendre, et c’était, sans doute, pour me forcer à répéter, ou pour m’encourager à poursuivre. Je secondai sa secrète intention, en lui déclarant d’une manière distincte et assez haut pour qu’elle ne pût supposer ne m’avoir pas entendu, que j’étais idolâtre de ses attraits, et lui demandant avec insistance la permission de lui faire connaître ailleurs mes sentiments.
À ces mots, elle regarda autour d’elle pour voir si on ne l’observait pas et, baissant son voile, comme pour se recueillir, elle dit à voix basse que, ne doutant point qu’un homme qui fréquentait le lieu saint ne fût respectable et dévotieux, elle me permettait de la venir voir dans sa demeure, qu’elle m’indiqua.
Je la remerciai avec un transport de joie, et les termes dont je me servis me parurent lui plaire. L’ayant envisagée en ce moment, car elle avait relevé son voile, évidemment dans le dessein de se faire mieux remarquer, je vis dans ses regards le feu qui constitue la sainteté et dévore l’âme de l’amour terrestre.
Je la quittai aussitôt, parce qu’elle l’exigea, et retournai chez moi enchanté de cette aventure. J’y attendis avec impatience le moment destiné à cette nouvelle épreuve, qui offrait déjà à mon imagination un charme inconnu. Je me rendis enfin chez l’aimable dévote, que je trouvai seule, et cela, sans doute, parce qu’elle m’attendait.
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(******, Le Talisman de la volupté ou la relique de Ste Thérèse, Paris : Pilardeau, 1800)
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Caricature datant de 1717, extraite de l’essai du Dr. Eugen Holländer, Wunder Wundergeburt und Wundergestalt ; Kulturhistorische Studie, Stuttgart : Verlag von Ferdinand Enke, 1921.
Pour les esprits curieux, prière de se reporter ici-même à l’article Bénédicte, la femme-laie.

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photographies de Wanda Wulz, 1932
J’entrai avec ma femme dans le salon. Il sentait la mousse et l’humidité. Des millions de rats et de souris se dispersèrent de tous côtés quand nous eûmes éclairé les murs qui n’avaient pas vu de lumière depuis tout un siècle.
Nous fermâmes la porte derrière nous, et le vent souffla, remuant les papiers déposés en rames dans les coins. La lumière tomba sur ces papiers, et nous vîmes de vieilles écritures et des dessins du moyen âge.
Des portraits d’ancêtres étaient suspendus aux murs verdis par le temps. Les ancêtres avaient un regard altier et sévère comme s’ils voulaient dire :
« Tu mériterais le fouet ! »
Nos pas résonnaient dans toute la maison. Un écho répondit à ma toux, le même écho qui jadis répondait à mes aïeux…
Le vent hurlait et gémissait. Quelqu’un sanglotait dans le tuyau de la cheminée, et le désespoir se faisait sentir dans ces sanglots. De grosses gouttes de pluie frappaient les vitres troubles, et ce bruit vous « donnait le cafard. »
« Oh ! ancêtres, ancêtres ! dis-je avec un soupir significatif. Si j’étais écrivain, j’écrirais une longue histoire en regardant ces portraits. Dire que chacun de ces vieillards a été jeune jadis et que chacun ou chacune a eu son roman… et quel roman ! Regarde par exemple cette vieille femme, ma grand-mère. Cette femme laide, presque monstrueuse, a son histoire, intéressante au plus haut degré. Vois-tu, demandai-je à ma femme, vois-tu ce miroir, là, dans le coin ? »
Et je désignai un grand miroir encadré de bronze noir, pendu dans le coin, près du portrait de ma grand-mère.
« Ce miroir possède une force maléfique : il a perdu ma grand-mère. Elle l’a payé une somme fabuleuse et ne s’en sépara jamais, jusqu’à son dernier soupir. Elle se mirait dedans nuit et jour, ne cessait pas de s’y regarder, même en mangeant et en buvant. Quand elle se couchait, elle le mettait tout près d’elle dans le lit et, en mourant, elle pria qu’on le mît dans son cercueil avec elle. Si sa volonté n’a pas été respectée, c’est uniquement parce que le miroir était trop grand pour entrer dans le cercueil.
– Elle était coquette ? demanda ma femme.
– Peut-être bien. Mais n’avait-elle pas d’autres miroirs ? Pourquoi s’est-elle attachée précisément à celui-là ? Non, ma chère amie, il y avait là, sans aucun doute, un mystère terrible. Il ne saurait en être autrement. La légende affirme qu’il y a un diable au fond du miroir et que ma grand-mère avait un faible marqué pour les diables. Évidemment, c’est complètement absurde ; mais enfin il est incontestable que ce miroir possède une puissance mystérieuse. »
J’essuyai la poussière, me regardai dedans – et j’éclatai de rire. Le miroir était déformant, et ma physionomie s’en trouva toute tordue : le nez avait déménagé sur ma joue gauche, le menton s’était dédoublé et avait changé de place également.
« Quel drôle de goût avait ma grand-mère ! » m’écriai-je.
Ma femme s’approcha, indécise, se mira à son tour – et alors quelque chose d’horrible arriva. Elle pâlit, trembla de tous ses membres et poussa un cri. Le chandelier s’échappa de sa main, roula par terre, et la bougie s’éteignit. Les ténèbres nous entourèrent. En même temps, j’entendis une chute lourde près de moi ; ma femme était tombée évanouie.
Le vent gémit, plus lugubre encore, des rats se mirent à courir dans tous sens, des souris frôlèrent des papiers épars. Mes cheveux se dressèrent sur ma tête lorsqu’un volet s’arracha de la fenêtre et tomba en bas avec fracas. La lune apparut derrière la fenêtre.
Je saisis ma femme dans mes bras et l’emportai hors du salon de mes aïeux. Elle ne reprit connaissance que le lendemain soir.
« Le miroir ! Donnez-moi le miroir ! dit-elle aussitôt. Où est le miroir ? »
Toute la semaine, sans manger, sans boire, sans dormir, elle demandait qu’on lui apportât le miroir. Elle sanglotait, s’arrachait les cheveux, se désespérait ; enfin, le médecin déclara qu’elle pourrait mourir d’inanition et que son état était grave.
Alors, en surmontant ma peur, je descendis de nouveau dans le salon et apportais à ma femme le miroir de ma grand-mère. En le voyant, elle se mit à rire de bonheur, puis le saisit, l’embrassa, et son regard ne s’en détacha plus.
Et maintenant, au bout de dix ans, elle se contemple toujours dans le miroir, sans cesser un instant.
« Est-ce bien moi ? murmure-t-elle, et sur ses joues apparaît, avec des couleurs, une expression de félicité et d’extase. Oui, c’est moi. Tout ment, sauf ce miroir. Les gens mentent, et mon mari ! Oh ! si je m’étais vue avant, si je savais comment je suis en réalité, jamais je n’aurais épousé cet homme ! Il n’est pas digne de moi. Les chevaliers les plus beaux et les plus nobles devraient être à mes pieds ! »
Une fois, m’arrêtant derrière ma femme, je regardai inopinément dans le miroir et je découvris le terrible secret.
Je vis dans la glace une femme d’une beauté éblouissante, comme jamais je n’en avais rencontré dans la vie. C’était une vraie merveille, une harmonie inouïe de beauté, de distinction et d’amour.
Mais comment cela s’est-il fait ? Pourquoi ma femme, laide et disgracieuse, paraissait-elle si belle dans le miroir ? Pourquoi ?
C’est parce que le miroir déformant avait déformé la figure laide de ma femme, et ce déplacement des détails avait donné fortuitement un résultat merveilleux.
Et maintenant tous les deux, ma femme et moi, nous sommes assis devant le miroir et nous regardons sa surface sans en détacher les yeux. Mon nez se déplace sur ma joue gauche, mon menton se dédouble et s’en va de côté, mais la figure de ma femme est une merveille – et une passion folle et absurde s’empare de moi.
« Ha ! ha ! ha ! » éclaté-je d’un rire strident.
Et ma femme murmure tout bas :
« Que je suis belle ! »
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(Anton Tchekhov, conte inédit traduit par Halina Izdebeka, in Le Courrier d’Épidaure, revue médico-littéraire, cinquième année, n° 4, avril 1938)
À Jules Renard.
C’était un pays doux, triste et vert, comme recueilli dans une infortune ancienne, une vaste plaine affligée et résignée. Je pris un sentier serré entre deux haies d’épines sans fleurs, de lamentables épines qui semblaient pleurer sur la cruauté de leur destination, et, après avoir marché pendant des heures en la prison des lamentables épines, je fus arrêté par une barrière érigée telle qu’une absurde estacade entre moi et l’infini.
Les madriers brutalement équarris s’entrecroisaient, délimitant d’étroits losanges de lumière ; je regardai et vis :
Un jardin doux, triste et vert, où, fraîches et pommées, tristes, tendres et vertes, des salades poussaient, rien que des laitues, et parmi ce tendre pâturage, un troupeau de femmes nues. Je ne m’y trompai pas un instant ; les descriptions des voyageurs étaient précises ; je n’avais jamais vu de femmes : j’en voyais.
Ce spectacle m’intéressa.
La femme m’apparut alors comme un animal assez gracieux, que je classai immédiatement entre la sarigue et le kanguroo ; mais elle différait de ces types par quelques détails fort caractéristiques. Ainsi, comme le cheval, les femmes ont une crinière, noire, baie, alezane, qui leur retombe sur les yeux et traîne jusqu’à terre ; leur poil est rare, dru à certaines places, plus clair ou plus foncé que la crinière ; elles n’ont pas de queue ; pour se gratter, elles relèvent la patte de devant, contrairement à la plupart des autres animaux qui relèvent la patte de derrière ; leurs mamelles sont pectorales, tandis que, chez la plupart des mammifères, elles sont inguinales.
Elles allaient çà et là, broutant de la tendre et verte laitue, ici une feuille, là une autre feuille, l’air inquiet, l’air quêteur, flairant pendant des minutes une salade qui, moi, m’aurait fort bien satisfait, mais qu’elles dédaignaient pour une autre toute pareille ou même moins appétissante.
Malgré leur apparence d’inquiétude, il me sembla qu’elles se courbaient avec plaisir vers la terre, contentes de justifier leurs appétits matériels, car, pendant plus d’une heure que je les examinai, pas une, une fois, ne releva la tête : la salade, la bonne laitue faisait toute leur passion.
Jamais en vérité des animaux ne m’avaient intéressé à ce point ; j’aurais voulu les voir de près, les toucher : je sifflai, j’appelai, j’imaginai les modulations les plus douces ; comme au jardin des plantes, je passai ma main à travers la barrière, faisant des signes d’appel, feignant de détenir en mes doigts de bonnes choses : le troupeau ne fut pas ému.
J’étais impatient, je devins colère, je lançai des pierres sur les belles bêtes, mais je visais mal, je n’atteignis aucune croupe et le troupeau ne fut pas ému.
Pourtant, je voulais une de ces bêtes !
La haie d’épines, la lamentable haie, triste de sa destination, encerclait le jardin d’une inéluctable défense, mais la barrière était franchissable. Je montai à l’assaut de mon désir, je réussis, et la ruse de tomber à quatre pattes me fit approcher inaperçu d’une petite alezane écartée du gros de la troupe. Elle fut saisie, jetée sur mes épaules ; je me retrouvai, après une fiévreuse escalade, de l’autre côté de la barrière, sans que la conscience bien nette de ce rapt étrange s’affirmât en mon esprit, et, troublé, affolé, n’ayant repris haleine, ni regardé derrière moi, je m’enfuis, heureux de mon fardeau, de la bonne bête volée, – qui gémissait un peu, mais se laissait faire avec une inertie singulièrement douce.
Que se passa-t-il chez moi, dans la petite maison que je m’étais organisée près de la côte, en attendant le navire aux ailes blanches qui devait m’enlever aux Îles Infortunées ?
Hélas ! je ne saurais le dire.
Mais, dès que j’eus déposé la femme dans mon enclos, dès que je l’eus flattée, dès que j’eus, par jeu, baisé son agréable crinière, dès que, prenant sa tête entre mes mains, j’eus fixé mes yeux sur ses yeux verts, ses yeux en vérité couleur de fraîche, de tendre, de verte laitue, – oui, à ce moment-là, dès que les yeux verts de la belle bête, ses yeux noyés dans une brume si animalement ingénue, ses yeux profonds comme l’idée du printemps éternel, ses yeux résignés et pleins d’une impérieuse charité, dès que ses yeux, des yeux comme je n’en avais jamais vu, m’eurent imprégné de leurs fluides, – je devins ivre, et peut-être fou.
Que se passa-t-il ?
Rien que je puisse dire, puisque j’étais ivre et peut-être fou.
Mais depuis ce moment-là, la bête dressée sur deux pattes, la bête devenue toute pareille à ce que j’étais, me domine et me dompte.
Et c’est moi qui broute la salade, la fraîche, la tendre, la verte laitue.
Et, je le sais maintenant, nul navire aux ailes blanches ne viendra m’enlever à la prison que je me suis faite, aux Îles Infortunées.
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(Remy de Gourmont, Proses moroses, Paris : Mercure de france, 1894)
L’édition originale de l’Histoire naturelle de Félix Labisse (1905-1982) a été publiée en 1948 chez P. A. Chavane & Cie, et tirée à 1010 exemplaires numérotés.
L’ouvrage se présente sous la forme d’un bestiaire fantastique ; chacune des créatures qui le composent est présentée par une courte notice poético-fantaisiste, accompagnée d’une lithographie.
On pourra ainsi y faire connaissance avec 30 créatures aussi familières que capricieuses : l’Amante religieuse, le Cyclope des Marais, la Bérénice, l’Arthus des Sables, la Médieuse, la Guivre-Guénégote, la Locuste, la Mandragore, le Manu Militari, l’Andromède, la Sangsue-Satan, l’Ophélie, l’Angelot, le Cherche-Midi, l’Antigone, le Chérubin, l’Aplatigo, le Rose-Pleurs, l’Arthémise, le Fluviot, le Perce-Aurore, le Loup-Garou, le Nostredame, la Câline, le Parsifal, la Tarentule des Lettres, l’Homlige, le Phylactère, l’Épigone ou l’Adrouide… Mais nous aurons l’occasion d’y revenir plus longuement par ailleurs.
L’ouvrage a connu deux rééditions : la première dans la luxueuse collection « La Centaine, » chez Tchou, en 1974 ; le tirage en feuilles a été effectué sur les presses de Claude Jobin, et limité à 185 exemplaires, avec 30 lithographies en couleurs, sous emboîtage de plexiglass ou de cuir vert, d’après une maquette de Pierre Faucheux ; la seconde tout récemment, dans un délicieux volume paru aux éditions Interférences, fin 2012.

Ce que l’on sait moins, c’est que l’édition originale de l’Histoire naturelle a été accompagnée d’un tirage de cartes postales promotionnelles, reproduisant en recto-verso l’illustration et le texte de Labisse. J’ignore si d’autres créatures ont bénéficié de cette réclame, mais l’une d’entre elles au moins, l’Adrouide, en a connu les honneurs.
La technique de Labisse s’est affinée en une trentaine d’années, et ses créatures ont parfois évolué, aussi bien dans l’image que dans le texte. Ainsi, si l’Adrouide a conservé son cou démesuré inspiré par le rokurokubi japonais, elle s’est dénudée et a été pourvue de 3 mamelles supplémentaires : elle n’avait que quatre seins en 1948 ; elle en comptera désormais pas moins de sept en 1974…
On me permettra néanmoins de préférer la première manière de Labisse ; plus frustre et plus naïve, un peu enfantine, elle me semble offrir un support infiniment plus riche aux divagations de l’imaginaire.




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Gravure d’Alfred Kubin
UN SATYRE ET UN HERMAPHRODITE
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FRESQUE DE POMPEI
Un satyre a surpris une nymphe couchée dans un lieu solitaire. Il s’apprête à la violer et déjà, ayant soulevé le voile dont elle est enveloppée, il jette sur ses appas les plus secrets un regard profane ; mais quelle n’est pas sa confusion lorsqu’il s’aperçoit qu’il s’est adressé à un hermaphrodite ! Il veut fuir, plein de honte et de dépit ; mais l’hermaphrodite, qui sans doute feignait de dormir, s’efforce de le retenir, et semble lui-même lui promettre des plaisirs auxquels il n’avait pas songé.
Pour que rien ne manque à l’obscénité de cette peinture, on voit dans le fond un hermès coiffé du pétase, portant d’une main le pedum, ou bâton pastoral, et de l’autre le vase à boire en forme de corne, appelé κρατήρ.
Ainsi que nous l’avons déjà dit, ces hermès aux gigantesques phallus étaient placés à l’entrée des jardins pour éloigner les voleurs et les gens à maléfices. On y joignait ordinairement une inscription aussi plaisante par la pensée qu’inconvenante par les expressions ; nous allons en citer deux extraites au hasard du recueil intitulé Priapeia, etc.
« Fœmina si furtum faciet mihi virque puerque,
Hæc cunnum, caput hic, præbeat ille nates. »
(Pr. Carm. XXI.)
« Quod sim ligneus, ut vides, Priapus,
Et falx lignea, ligneusque penis :
Prendam te tamen et tenebo prensam :
Totamque hanc sine fraude, quantacumque est,
Tormento, citharàque tensiorem,
Ad costam tibi septimam recondam. »
(Pr. Carm. CV.)
Cette fresque n’est pas sans mérite, et les contours y sont mœlleux et bien dessinés, les poses agréables et les figures riches d’expression ; mais le satyre est évidemment trop petit, et le peintre s’est mépris sur les lois de la perspective. Le contact des personnages, qui forment à eux seuls les premiers et seconds plans, rend cette disparate plus sensible.
L’hermaphrodite est couché sur une peau de léopard, son manteau est d’un beau bleu d’azur, et derrière lui on voit un élégant coussin. Le coloris de cette fresque est vraiment remarquable pour l’époque.
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(César Farin, Musée royal de Naples, peintures, bronzes et statues érotiques du cabinet secret, avec leur explication, Paris : A. Ledoux, 1836)