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C’était, dans le quartier du Vatican, derrière les ruines de Saint-Pierre, une maison d’assez pauvre apparence, et fort vieille, car elle portait, sur la pierre du fronton, la date de l’an 2077. Tout ce quartier de Rome, vous le savez, a gardé son aspect d’un autre âge, et il fait dans la ville un îlot de délabrement et de misère, avec des rues tristes, des logis malsains ; maintes fois, déjà, le Conseil a délibéré sur le projet d’abattre ces masures, hautes à peine de dix étages, où des gens sans aveu consentent seuls à vivre : mais le temps passe, et les taudis restent debout.

La profession médicale nous amène à voir d’étranges lieux ; je fus appelé là pour y visiter un malade, et je dois avouer que, malgré ma curiosité pour les choses du vieux temps, je m’aventurais pour la première fois dans cette région de la ville. Un méchant ascenseur électrique m’arrêta au premier étage, et je me demandais à quel degré de misère il fallait en être réduit, pour habiter si loin des hauteurs respirables, si près de terre, et presque déjà vers la tombe.

Pourtant, dès mon entrée dans l’appartement du malade, j’eus la surprise d’y constater quelque richesse : il était encombré de bibelots dont plusieurs semblaient d’un grand prix, mêlés à d’autres dont l’unique valeur était leur ancienneté. On se serait cru dans le réduit d’un antiquaire ou d’un savant ; au second coup d’œil, je diagnostiquai, dans cette sorte de petit musée, l’esprit et la main d’un théographe. En effet, les pièces réunies là étaient d’un caractère exclusivement religieux ; mais, à la différence des collections analogues, celle-ci ne comportait que des numéros se référant au culte des Chrétiens, et, d’une façon plus spéciale, à la secte qui porta le nom de Catholicisme ; du moins, je le jugeai ainsi, sauf erreur, car mon érudition en théographie est celle de tout homme du monde, et ne me permettrait pas de porter un jugement catégorique sur des attributs et des subdivisions qui exigent, en somme, une étude approfondie.

Au mur, une grande croix en ébène supportait un crucifix d’ivoire, d’un beau travail ; en face, un panneau peint à l’huile, – ce qui suffit à indiquer son ancienneté, – représentait 
deux clefs entrecroisées sous une tiare, avec des guirlandes
 de cordages ; des chasubles de soie, brodées de fleurs, s’en
trevoyaient dans l’ombre d’une armoire à demi-fermée ; dans
 un coin, une très longue béquille en bois doré, et terminée,
 au bout supérieur, par des branchages contournés en rin
ceaux ; sur une étagère, une mitre en laine blanche brillait de
 verroteries ; sous une vitrine, des coupes, des urnes, des
 vases, des candélabres en cuivre dédoré, et, sur un support
 de même métal, une lentille de verre entourée de rayons ; une 
espèce de table ou d’autel, accolée contre la cloison, suppor
tait des colonnettes de chêne, des coffrets sculptés, des tapis
 en imitation de dentelle, un crucifix de thallium, et des figu
rines de vieillards qui ont de la barbe ou d’adolescents qui 
ont des ailes ; près de la porte, un tronc à serrure de fer por
tait cette inscription : Denier de Saint-Pierre.

Je discernai tout cela d’un rapide coup d’œil, en passant, car il ne convient pas à notre discrétion professionnelle de pénétrer les secrets de la vie privée.

On m’introduisit dans la chambre du moribond, et je vis un spectacle bizarre : cinq ou six personnes âgées se tenaient autour du lit, dans une posture inexplicable ; ces hommes, – car il n’y avait là aucune femme, – étaient sur les genoux,
 à la manière des tapissiers qui vernissent un parquet : mais 
ils ne faisaient rien. Ils gardaient les mains jointes, et par
laient à mi-voix : ils ne devisaient pas, mais ils murmuraient
 des mots à peine intelligibles, dans une langue inconnue, qui
 me parut être du latin ; ils ne semblaient d’ailleurs prendre aucun souci de s’entendre l’un l’autre, puisqu’ils parlaient tous à la fois. Ils ne se dérangèrent point à mon entrée, sauf un qui se leva, et me dit : « Nous prions. »

Puis il s’écarta du chevet et j’aperçus le malade.

C’était un vieillard glabre, au large front, aux yeux noirs et brillants, illuminés de fièvre ou de pensée ; les arcades sourcilières étaient musclées d’énergie, et les tempes maigres portaient en creux le coup de pouce du génie. Il regardait le plafond de la chambre, et ses lèvres remuaient en silence.

L’homme qui déjà m’avait parlé se tourna vers moi de nouveau et dit : « Permettez que le Saint-Père achève son oraison. »

Vous ignorez sans doute, comme je l’ignorais, ce qu’est une oraison ; ce mot a servi, paraît-il, à désigner une sorte de monologue mystique, qu’on improvise ou qu’on récite, et dans lequel l’orateur suppose qu’il s’adresse à la divinité de son choix.

Comme il convient, en somme, de se prêter, autant qu’on le peut, aux fantaisies de la clientèle, j’attendis la fin de l’oraison.

Après quelques instants, le malade souleva péniblement sa tête, enfoncée dans les coussins, puis il étendit le bras droit, et fit, avec deux doigts, un signe mystérieux, dans l’air, au-dessus des gens agenouillés ; ensuite il posa ses regards sur mes yeux, et ne bougea plus.

Il souriait et dit : « Je pense, Monsieur, que la science ne pourra rien pour moi. »

Je l’examinai. Il n’avait plus que peu de moments à vivre. Je ne le dis point, mais il me répondit : « Je le sais. »

Il s’efforça de s’accouder sur le lit, et retomba. Alors, tout de son long étendu, et la face directe, sans regarder personne, il parla droit devant lui.

« Je vous remercie, monsieur, d’être venu ; et vous, mes frères, adieu. Ne pleurez pas sur moi, mais sur Eux. Je vous bénis, au nom du Père, du Fils… »

Il voulait, je crois, ajouter quelque autre mot encore, mais il n’en eut pas la force. Un des assistants continua : « Et du Saint-Esprit. » Tous répliquèrent ensemble : « Ainsi soit-il. » Ils se levèrent simultanément, et personne ne parla plus.

Je me penchai vers le mourant. Son cœur battait encore, à peine.

Les assistants m’interrogeaient du visage. D’un signe, je leur fis entendre que la fin approchait. Ils avaient un air de gravité plutôt que de tristesse, comme si la disparition de leur ami dût causer à tous un embarras commun, et non de la douleur : l’atmosphère, autour de cet agonisant, manquait d’amour. Je cherchais à m’expliquer quels liens ou quels rapports pouvaient unir ces hommes qui, non seulement n’appartenaient point à la même famille, mais qui bien évidemment ne provenaient ni du même pays, ni de la même race. Sans doute étaient-ils membres de quelque corporation ouvrière ? Je remarquai à leur boutonnière un ruban et un insigne semblables à ceux que nos ancêtres adoptèrent sur la fin du moyen âge, au XIXe et au XXe siècles, pour distinguer encore les derniers ordres de chevalerie. Le ruban était écarlate, et l’insigne d’argent représentait un chapeau bas-de-forme, à grands bords, décoré de glands.

Mon premier interlocuteur, devinant ma pensée, se rapprocha de moi : « Monsieur, dit-il, je vous présente les cardinaux de la Sainte Église Catholique. »

Je saluai, sans bien comprendre, et il baissa la voix pour ajouter : « Notre Saint-Père, n’est-ce pas, est à toute extrémité ? »

Je ne comprenais pas davantage que ces hommes d’origines disparates eussent le même père, et qu’il fût sensiblement de leur âge. Mais je n’insistai point ; je passai dans la chambre voisine pour rédiger une ordonnance. Celui qui m’accompagnait continua ainsi :

« C’est une pitié pour le monde, car Sa Sainteté ne sera 
pas remplacée. »

Je levai les sourcils, pour témoigner de mon impuissance à empêcher ce malheur dont la portée m’échappait, et je me remis à écrire. Mais l’homme, désireux, j’imagine, de me renseigner sur sa propre importance, ajouta :

« Hélas, monsieur, vous aurez vu mourir le dernier des
 Souverains Pontifes, devant les derniers cardinaux de l’Église
 romaine… »

Alors, je compris. J’avais ignoré jusqu’à ce jour qu’il existât encore des chrétiens, et surtout des prêtres chrétiens. Ma surprise fut vive. Je ne suis pas de ceux qui se désintéressent complètement des antiques légendes ou des mœurs disparues, et le dilettantisme de ma curiosité se prête volontiers aux occasions d’apprendre ce qui concerne l’évolution de l’esprit humain. Le cardinal sentit que j’étais disposé à l’entendre.

« Oui, monsieur, celui qui meurt dans cette chambre, – 
que Dieu reçoive son âme ! – était le vicaire de Jésus-Christ. »

Il vit que je ne percevais pas exactement le sens de ses propos, dont plusieurs locutions échappaient à mon entendement. Il fit, de la main, un geste de condescendance, et, secouant la tête avec un sourire triste, il ajouta :

« Ne nous prenez point pour des fous, parce que nous 
sommes en petit nombre. Les grandes choses de l’humanité
 durent plus longtemps qu’on ne pense, et se continuent à
 l’insu de l’histoire ; quand elles ont disparu de la lumière, on
 les croit mortes, mais elles survivent dans l’ombre, et y pro
longent leur agonie. La mission est achevée, mais le titre
 persiste, et c’est ainsi que jadis on a pu voir encore des
 francs-maçons qui ne maçonnaient plus, et qui. délibéraient
 toujours, bien qu’ils n’eussent plus à bâtir les cathédrales ; 
on a vu des Sârs et des Mages trois mille ans après Ninive et
 Babylone, et nous savons qu’au dix-neuvième siècle il exis
tait un grand-maître des Templiers. Ainsi fut-il de nous,
monsieur. L’Église catholique, dépossédée du Saint-Siège, a
cependant, comme vous le voyez, conservé des fidèles, et les
élections pontificales ont pu se perpétuer, encore que dépour
vues de leur éclat et de leur solennité. Il faut avouer que,
 dès lors, le nombre de nos adeptes diminua plus prompte-ment. L’abolition du costume ecclésiastique et la suppres
sion des cloches furent un coup terrible pour le sentiment 
religieux : car les cloches, n’est-ce pas, furent la publicité de
 Dieu, et comment se maintenir sans un peu de publicité ?

– Les historiens prétendent que, de tous temps, les organisations sacerdotales reconnurent l’importance de la publicité
 et de la mise en scène.

– Elles devenaient, Monsieur, plus indispensables que 
jamais, à l’instant où elles nous manquèrent : on retira aux prêtres les moyens matériels d’attirer l’attention populaire, juste au moment où cette attention se retirait d’elle-même, pour se porter vers d’autres soins. Les peuples et les hommes étaient alors trop occupés sur la terre pour penser encore à l’autre monde, et les inventeurs faisaient grand tort au Créateur. Le sens de l’au-delà et le goût du mystère se retiraient des esprits, et vous savez sans doute que plus est faible le sentiment religieux, plus les religions se font nombreuses. Chacune des aspirations individuelles se raccroche à ce qui la sollicite le plus, et lorsqu’un dieu va disparaître, tous les dieux reparaissent. Nous eûmes à lutter contre une concurrence énorme, et nous étions alors sans armes pour lutter. Les théosophes et l’occultisme furent nos plus puissants rivaux, et vers eux s’en allaient toutes les âmes inquiètes ou curieuses de l’infini, car leur culte offrait l’amusement des prodiges. Que vous dirai-je ? L’indifférence des peuples finit par arriver jusqu’à l’oubli de nous. Mais cet oubli se faisait si lentement, par la succession des jours, que nul ne saurait dire à quelle date il a commencé. »

Je répondis charitablement :

« Monsieur, c’est la loi de ce monde, où tout progresse jusqu’à mourir, même les meilleures choses. Ce qui est force part du néant pour monter au suprême, et redescendre au néant.

– Vous dites vrai, monsieur ! Les premiers évêques de Rome portaient un manteau de bure ; et l’évêque de Rome devint le Pontife des évêques, et ce Pontife se fit roi, et ce roi fut ensuite le maître des monarques. Avez-vous remarqué les chiffres inscrits sur la porte de l’humble maison où nous sommes ? Elle date de 2077, mille ans après l’époque où le moine Hildebrand faisait s’agenouiller l’empereur d’Allemagne dans la neige de Canossa. Alors, nous étions au sommet de la puissance, et notre volonté ruait une moitié des hommes contre l’autre moitié. Le tumulte des adorations retentissait dans nos temples de pierre, et nous couvrions les villes de nos monuments et de nos cortèges !… Mais il nous fallut redescendre, précisément parce que nous étions au faîte, et qu’ici-bas rien ne stationne : le seigneur universel retomba au rang d’un petit prince, avec un minuscule État ; et comme son royaume était faible, les autres rois en profitèrent pour le lui prendre. Il redevint, pour la seconde fois, le Pontife des évêques ; on lui accorda de lancer des mandements, à défaut de commandements, et de proposer des avis, au lieu d’imposer des ordres.

– Toutes les théocraties ont pris fin de la sorte.

– Et toutes les religions qu’elles portaient, fatalement, ont pris fin avec elles ! C’est un grand malheur, monsieur, que Dieu ne puisse vivre sur terre autrement que par l’autorité des hommes. Quand les prêtres perdent leur suprématie sociale, les dieux meurent : voyez l’Assyrie et l’Égypte, l’Olympe et le Druidisme ! Les peuples n’ont cru à leurs divinités que dans le temps où ils tremblaient devant le pouvoir sacerdotal.
 
 
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– On a compromis Dieu en l’introduisant dans la politique.

– Que dites-vous là, monsieur ? Vous faites tort à vos connaissances historiques, en supposant que Dieu puisse être tenu en dehors de la politique : il en est le principe même, et toute politique sociale ne fut, pendant des centaines de siècles, que la lutte entre l’Homme et Dieu, entre la conscience qui s’émancipe et la loi qui défend de s’émanciper, c’est-à-dire entre la force individuelle et la force générale ! L’homme sera-t-il libre, ou sera-il conduit ? Tout le problème fut là, durant quelques milliers d’années. Les deux plus magnifiques constructeurs de peuples que l’on ait jamais vus sur la face du globe, Moïse et Mahomet, pour étayer leur œuvre politique et la faire solide, ont eu recours à Dieu, sans lequel ils n’auraient rien pu : à Dieu ils attribuaient leurs dires et leurs dogmes, et les nations donnèrent au verbe du Dieu l’obéissance qu’elles eussent refusée aux prescriptions du Sage.

– Il se peut.

– Notre Seigneur a fait de même, monsieur, mais, par trop grande bonté, il fit œuvre incomplète, et son édifice péchait par trop de confiance en notre idéalisme, sur lequel il appuyait tout : il manquait à son œuvre une coercition, et l’Église catholique lui donna ce qui lui manquait. Il fallait, par ordre, forcer les hommes à rêver, à chanter, à se croire heureux, car le jour où ils doutent de Dieu, monsieur, ils doutent de leur propre bonheur, et ce jour-là monsieur, ils souffrent.

– On ne peut nier que les dieux successifs n’aient été bien
 utiles, à différents points de vue.

– Consolant, réconfortant, purifiant, ils furent assez
 utiles, n’est-ce pas ? pour qu’on les crût indispensables. La
 conception d’un au-delà semblait inhérente à l’essence même
 de l’homme. Hélas, est-elle plus heureuse, l’humanité, main
tenant qu’elle a perdu le goût du rêve ? Toute perte est une 
perte, et vous vous êtes appauvris en vous débarrassant de
 Dieu. On voulait secouer un joug, mais on jetait un trésor,
 qui est le rêve, et l’on supprimait une force, qui est la Foi ! »

Un râle nous parvint de la chambre voisine, mais le cardinal, empli de son sujet, n’entendit pas et poursuivit :

« Étions-nous donc des maîtres si terribles ? Ah ! mon
sieur, les rois ont commis une lourde faute en dépossédant 
le Saint-Siège de sa puissance temporelle. Ils se sont désar
més en nous affaiblissant, et quand ils nous sacrifièrent, ils
 se condamnaient du même coup. Ils ont voulu s’émanciper
 de la tutelle sacerdotale, qui leur équivalait à la protection
 divine ! Pour se délivrer d’un juge, ils se sont privés d’un
 défenseur ! Les trônes n’avaient de force que rivés à l’autel !

– Les destinées de même essence sont liées les unes aux autres, et rien de l’édifice social ne tombe impunément pour le reste. Les rois devaient disparaître peu de temps après vous.

– Avant nous, puisque vous voyez que nous durons encore ! Un roi renversé n’est plus roi, même si dix mille citoyens le regrettent ; mais un dieu que dix hommes adorent reste indiscutablement dieu ! »

Le sourd halètement du moribond nous venait par la porte entrouverte, avec le murmures des prière.

« Mais je ne vous ai pas dit la fin. Elle fut lente, monsieur. Les
nations s’étant l’une après l’autre détournées de nous, et l’indifférence à tout ce qui n’était point d’intérêt matériel ayant gagné de proche en proche, il ne resta plus en ce monde que des
rêveurs épars, encore enclins à l’adoration, mais difficiles à
grouper : nous fûmes d’abord quelques milliers de catholi
ques, et plus tard nous fûmes quelques centaines, quelques douzaines. Ceci dura pendant deux siècles. À la fin, le denier de Saint-Pierre ne suffisait plus à entretenir le Pape, qui dut prendre un métier, et le jour arriva où le nombre des croyants se réduisait aux seuls dignitaires de l’Église. Grégoire XX, qui râle, – vous l’entendez qui râle? – Grégoire XX n’a trouvé sur toute la terre que deux cardinaux à nommer, et maintenant il meurt, nous laissant en trop petit nombre pour constituer un conclave. Il n’aura pas de successeur. »

À ce moment, nous entendîmes un cri, quelque chose de faible qui voulait être fort. Je courus vers la porte.

Le vieillard s’était soulevé sur sa couche, en allongeant les bras vers le plafond, vers le ciel ; déjà il retombait.

Avant que je fusse auprès de lui pour le recevoir, sa tête pendait au bord du lit.
 
 
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(Ce conte d’anticipation d’Edmond Haraucourt, publié le 1er janvier 1903 dans La Grande Revue, n° 1, n’avait encore jamais été repris depuis sa première parution. Caricatures du pape parues dans Punch, or the London Charivari : [Anonyme] « Guy Fawkes for 1859, » 12 novembre 1859 ; [John Tenniel] « A Good Offer, » 29 septembre 1860 ; [John Tenniel] « Papal Allocution. – Snuffing Out Modern Civilisation, » 13 mars 1861)