SORCIERE 3 VAN MAELE
 
 
 
Jaune et falote vieille, à cabas et mitaines,
Carcasse en tartan vert, qu’eût peinte Gérard Dou,
Spectre bossu, poussif, venant on ne sait d’où,
Maigre Ampouse au menton poilu de capitaine,
 
Montre-moi le balai, hongre rapide et doux,
Qui t’emporte, à minuit, dans la brande lointaine !
Emmène-moi, là-bas, courir le guilledou !…
Oh ! Là-bas, avec toi, courir la prétantaine !…
 
Est-il donc vrai que nul, jamais, ne te verra
Tendre au caramara du bouc et du verrat
Ton sexe crevassé de gouge octogénaire ?
 
Que nul ne pourra lire, encor mal convaincu,
À l’heure où sont troussés tes jupons débonnaires
Le scel de Sélimoûn, tatoué sur ton cul ?…

 
 

29 octobre 1891.

 
 

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(G.-Albert Aurier, Oeuvres posthumes, Paris : Mercure de France, 1893 ; illustration de Martin van Maele pour La Sorcière de Michelet, 1911)