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La splendide comète que nous voyons trop peu, et encore à cinq heures du matin, se montre assez bas sur l’horizon.

Dans le temps de Gérard de Nerval parut aussi une comète dans les mêmes conditions. Le poète, quoique logé assez haut, ne pouvait la contempler, parce que d’autres maisons situées en contrehaut, masquaient l’horizon.

Gérard donne immédiatement congé à son propriétaire.

Celui-ci, étonné, tente une démarche, parce que Gérard, quoique fantaisiste, était exact en certaines matières, et locataire très désirable.

« Et pourquoi, cher Monsieur ? lui dit-il. Votre appartement a-t-il besoin de réparations ?

– Non.

– Avez-vous des voisins gênants ?

– Non.

– Alors ? »

Et Gérard, avec le plus grand sérieux :

« Je ne saurais habiter une maison d’où l’on ne peut pas seulement voir les comètes ! »
 
 

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(in Le Figaro, vingt-huitième année, troisième série, n° 298, mercredi 25 octobre 1882 ; repris dans La Presse, quarante-septième année, n° 293, jeudi 26 octobre 1882, puis dans La Justice, troisième année, n° 1017, samedi 28 octobre 1882)