On sait qu’un mystère plane sur la fin du célèbre conteur américain Ambrose Bierce, encore peu connu en France malgré la remarquable traduction que M. Victor Llona a publié de son recueil Aux Lisières de la Mort. On ne peut affirmer que Bierce soit mort, et l’on sait seulement qu’il a disparu quelque part au Mexique. Cette mystérieuse disparition vient de fournir à la romancière américaine Marion Storm [sic, pour Marian] le sujet d’une émouvante nouvelle intitulée Discovery (Découverte), que publie la revue The Forum dans son numéro de novembre. L’auteur imagine qu’au cours d’une excursion de touristes américains dans des cavernes du Mexique où la lumière électrique vient subitement à faire défaut, l’un d’eux, poursuivant néanmoins son exploration, découvre une grotte connue seulement de quelques Indiens et où ces derniers ont installé un temple à leurs anciens dieux. Dans ce temple vit un vieillard vénérable que les Indiens honorent d’un culte fervent, et qui se trouve être l’écrivain Ambrose Bierce. Il goûte enfin la paix dans cet asile, et pour les admirateurs dévoués qui l’environnent, chacune de ses paroles a force de loi. Mais est-il vraisemblable que Bierce, dont la vie fut pleine de vicissitudes, termine ainsi ses jours dans un calme parfait ?
 
 

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(« Échos, » in Le Figaro, soixante-quatorzième année, n° 9, dimanche 9 janvier 1927)

 
 

 
 

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(Marian Storm, « Discovery, » in The Forum, volume 76, novembre 1926)