Les Hindous, en effet, débarquèrent bientôt à la gare aérienne de la Cité Moderne. Ils avaient mis cinquante heures pour venir. Ils étaient dispos, ayant dormi presque durant tout le voyage. Deux d’entre eux parlaient couramment l’esperido, qui, transformé, était devenu la langue la plus employée du globe. Par ces interprètes, Zalobib Kodar put plus aisément communiquer avec le fakir.

Conférence émouvante que celle à laquelle assista Sirmon Lovdak.

Le fakir décida qu’on emploierait à tour de rôle les interprètes. De quart d’heure en quart d’heure, ils se relaieraient afin qu’ils ne connussent de ses révélations que ce qu’il était impossible de leur cacher.

Et voici ce qu’il confia aux deux savants :

« Les « messages 33 et 77 » étaient annonciateurs d’une future guerre… Non pas comme des présages. Mais comme des faits… Ils ne signifiaient pas, comme l’on était généralement porté à le croire, une tentative de mise en rapport interplanétaire, mais équivalaient à des « transmissions d’ordres, » pour s’exprimer selon notre langage terrestre. Autrement dit, la Terre serait tributaire d’autres planètes qui l’exploiteraient de loin, dans une fin encore indiscernée, – de la manière dont les métropoles exploitent les colonies. Dans on ne sait quel but, les Astraux, par les ondes dont ils influençaient la planète, précipitaient les hommes les uns sur les autres. C’étaient ces ondes dont les écouteurs magnétiques percevaient l’arrivée. »

Les deux visages des savants avaient exprimé des sentiments successifs très divers : d’abord, le doute ; puis l’inquiétude, à laquelle succéda la confiance en eux et la foi en leur science. Et, tout à coup, ils furent troublés par les paroles entendues, et plus encore par ce qu’elles éveillaient en eux d’émotions surhumaines qui allaient du simple étonnement scientifique à la révolte paroxyste.

« Une colonie, alors, grogna Zalobib Kodar. Nous serions une colonie qu’on exploite périodiquement ?

– Oui, affirma l’Hindou avec calme. Malheureusement, les besoins de la métropole astrale deviennent de plus en plus grands ; alors, elle happe, à travers l’espace, les forces qu’il lui faut… pour quel usage ?… »

Le Fakir avait ses mains aux tempes, les coudes aux genoux. Sous la soie de sa gandourah, ses membres se devinaient maigres et robustes. Son visage d’ascète semblait d’un christ sépulcral ; mais ses yeux vivaient et voyaient comme par-delà notre champ humain.

En d’autres temps, Zalobib Kodar eût pris à part Sirmon Lovdak, lui eût flanqué sur l’épaule une de ces formidables tapes inattendues dont il meurtrissait ses favoris, se fût mis à rire solidement, et puis, s’arrêtant net de plaisanter, le front tout à coup sévère, eût lâché : « Ça va bien, hein ? En voilà beaucoup pour une fois. » Et le fakir et sa suite eussent été expédiés… Mais il se trouvait que, perdant pied dans ses recherches, le savant se sentait impuissant à déchiffrer l’énigme ; que, d’autre part, les dires de l’Oriental corroboraient les intuitions qu’il avait eues depuis longtemps, et qui silencieusement, comme une incubation, faisaient, depuis des lustres, leur lent travail en lui. Il résolut de sacrifier quelques semaines à écouter l’exotique…

Ainsi, il apprit que, de toute antiquité, les phénomènes magnétiques avaient été connus des sectes secrètes de l’Inde ; jamais, pourtant, on ne les avait considérés comme provenant d’une autre source que l’électricité. La pensée, la volonté : des radiations. Le fluide nerveux, pour eux, n’était pas dissemblable. Au-dessus des trois grands règnes, minéral, végétal, animal, il en était un autre inexploré des scientifiques : le fluidal. Mais l’enseignement hiératique, dès longtemps, le révélait aux fakirs. L’Hindou, lui-même, avait servi aux « expériences » d’un vieux prêtre de son pays, dans sa jeunesse. Il conta par le menu à Zalobib Kodar quel avait été son rôle en 1963 ; son Maître, un ascète décharné dont seul l’esprit communiait au monde, avait tenté de se servir de lui comme d’un récepteur pour intercepter les transmissions inconnues ; mais, là-bas, les ondes étaient trop étales sans doute ; il n’avait pu que ressentir de bizarres sensations, – un « frottis » nerveux extrêmement irritant, mais n’avait pu « attirer » sur lui davantage.

Il est impossible, sans surcharger cette histoire, de narrer en détails toutes les conversations qui eurent lieu entre le savant expérimental d’Europe et le savant intuitif d’Asie. Toujours est-il que Zalobib Kodar, après des conférences de quelques jours, s’entoura de confrères appelés de plusieurs points du globe, de spécialistes de toutes sortes, et que, dans la Cité Moderne, toute recherche divergente fut interrompue pour permettre aux équipes d’ingénieurs et d’électrotechniciens de se jeter au premier signal sur leur nouvelle besogne.

Expériences de neurologues. Essais d’appareils nouveaux. Inventions et recherches inouïes. La vie de la Cité fut plus fébrile que jamais. Le globe ne devait pas tarder à se couvrir de travaux gigantesques, et qui néanmoins apparaissaient, aux cerveaux de ceux qui savaient, comme de pauvres moyens de défense. Et pourtant… Un nombre infime de Terriens seulement pouvaient se douter de ce que l’on tentait. À part quelques collaborateurs immédiats de Zalobib Kodar, à part, aussi l’Hindou, et peut-être les interprètes, la planète ignorait vers quel destin la portaient les jours.

Les travaux nouveaux excitaient bien la curiosité des foules. Mais les journaux, interviewant les ingénieurs, croyaient être à même de renseigner. Chacun, d’ailleurs, était sûr de la solidité de ses informations, jusqu’au lendemain où, gravement, il les infirmait sans trouble.

Lorsqu’une immense cuvette de cuivre fut « montée » entre le lac Tchad et le Hoggar et que ses cent soixante-cinq kilomètres de diamètre couvrirent en partie le Sahara, – les explications les plus diverses furent données, dont une seule – qui était d’ailleurs la plus éloignée de la vérité – obtint la faveur de la foule et des quotidiens : cet appareil était destiné à attirer les pluies sur ces régions désolées. – C’était simplement un immense miroir concave (dépoli pour l’instant, afin que l’on pût travailler à l’intérieur sans être rôti), qui, surmonté plus tard d’une lentille centralisatrice, permettrait peut-être, grâce à un complexe entrelacs de fils électriques, de réaliser un précaire télégraphe optique interplanétaire.

… Un autre appareil suscita moins de curiosité, car ses essais furent tenus secrets : c’était un néotransformateur, destiné par Zalobib Kodar et Sirmon Lovdak à permettre de remplacer les écouteurs magnétiques par… un homme. Ce fut en cette occasion que l’on put apprécier combien les fakirs étaient doués de cette force prodigieuse qu’on nomme, en langage humain, mysticisme.

Le vieux savant, au moment des essais, n’avait pas caché à leur chef qu’était en jeu la vie de l’homme qui servirait à la première expérience. Celui-ci avait demandé à être choisi. Mais Zalobib Kodar s’y était refusé. Il avait désigné le plus jeune et le plus solide des Hindous. Son chef l’avait informé du risque, et, après son acceptation enthousiaste, il avait passé une semaine à lui expliquer ce qu’il lui fallait savoir. Puis il l’avait mis en catalepsie ; on l’avait assis sur un siège de verre, on lui avait ouvert la nuque et le dos, et, par des fils ténus, l’on avait réuni par le grand sympathique cette matière humaine, ce prolongement de machine, – aux appareils de réception.

Autour de lui, – pâles et calmes encore, – Zalobib Kodar et Sirmon Lovdak, et, dans un coin, l’Hindou impassible, attendant. Lorsque les ondes avaient commencé à impressionner les pré-écouteurs, l’homme-machine avait tressailli, ses doigts avaient vibré, ses muscles s’étaient tendus. Puis il avait eu une sorte de spasme et avait paru s’évanouir… N’en pouvant plus, le vieux savant allait arrêter l’expérience, lorsque, dans son coin, après un signe si impératif que Zalobib Kodar lui-même avait été sidéré, le Fakir avait entonné à mi-voix une mélopée troublante – pour les Européens eux-mêmes, qui, pourtant, ne comprenaient pas.

Alors, l’Homme-Machine imperceptiblement, agita ses paupières ; ses yeux entièrement blancs tachèrent le bronze de son visage ; le chant sacré se faisait plus prenant, changeait de rythme, scandait à présent les syllabes. Et, tout à coup, le corps avait eu un sursaut. Sur un regard de Zalobib, Sirmon Lovdak isola l’homme de la machine. Et tous se précipitèrent vers le patient. Comme dans un rêve, ils entendirent un susurrement, presque un souffle, aussitôt traduit : « On me boit… »

Mais… ils ne se penchèrent plus que sur un cadavre.

Ils se regardaient, muets, livides. Enfin, l’Hindou dit : « J’ai ce droit. Nous avons ce droit. C’est parce que, depuis des millénaires, nous avons sacrifié des êtres que nous savons quelque chose. Celui qui meurt pour nous sauver tous n’est pas notre victime. Et si, au regard de l’Éternel, il y a un coupable, c’est moi… Vous, il vous faut simplement « expliquer » sa mort… »

Mais cette mort était inexplicable pour les savants. Ce fut encore le Fakir qui émit la supposition la plus folle et la plus plausible : « On l’a bu, dit-il ; d’avoir été en contact direct avec les ondes, – au lieu d’incuber les influences, il y a succombé tout de suite, – immédiatement, il a senti son fluide attiré par une force supérieure : on le buvait… »

Mais les deux savants, nerveux, s’agaçaient à vérifier les conditions de leur expérience. Subitement, Zalobib Kodar déclara :

« Après tout, pourquoi – nous jugeant incapables de leur répondre – ne nous enverraient-ils pas des ondes-à-retour ? »

Cette question, tout à coup, illumina la salle d’expériences. La mort de l’Hindou n’était pas inutile.

Et les recherches continuèrent. Souvent vaines et désespérantes, souvent, aussi, couronnées d’un succès minuscule, éclairant les visages comme une lueur. Successivement, les expériences de l’Homme-Machine avaient causé la mort de tous les exotiques. Seuls les interprètes et leur chef demeuraient.

Mais on avait à présent la certitude qu’à l’envoi des ondes enregistrées, succédait, continuellement, un départ de forces captées dans un mystérieux travail.

Et le Fakir affirmait que la guerre commencerait dès que les ondes-à-retour satureraient l’Astre qui les avait émises. Il n’avait plus besoin d’attendre pour savoir : nous étions nécessaires aux Astraux, comme les produits des autres latitudes nous sont indispensables.

Leurs moyens, infiniment plus puissants que les nôtres, allaient capter dans les espaces ce que nous cherchions par le globe. Grâce à leurs machines inconnues, ils nous influençaient, comme nous influençons les peuples grâce à notre diplomatie. Et, comme nous les gouvernons de loin, ils nous ordonnaient d’accomplir les actes jugés profitables. Et s’ils nous poussaient à la guerre, c’était vraisemblablement que, des morts causés par elle, émanait un « fluide » que leurs ondes-à-retour avaient mission de tentaculiser. En un mot, les Astraux se nourrissaient de nos « âmes, » c’est-à-dire de notre fluide psychique ou nerveux.

Ces affirmations agaçaient les deux savants. Et n’étaient pas non plus sans les épouvanter. Pour invraisemblables qu’elles fussent, elles n’étaient pas dénuées de logique. L’homme relatif ne pouvait connaître que du relatif, – le parallélisme établi par le Fakir leur apparaissait au moins plausible ; et il n’est rien tel que le sentiment de son ignorance pour agenouiller le plus fort.

Depuis longtemps, les journaux ne s’intéressaient plus aux travaux de la Cité prodigieuse, et le public s’en souciait seulement lorsque les journalistes lui en parlaient. D’autres sujets de conversations et d’articles, d’ailleurs, occupaient les plumitifs et les badauds.

Sur tout le globe régnait une étrange effervescence ; de partout, l’on annonçait des troubles. L’atmosphère changée imprégnait la planète, et transformait les sentiments des hommes comme sous une formidable hypnose.

Si indifférents qu’ils fussent d’ordinaire au spectacle du monde, les savants, aujourd’hui, ne s’en désintéressaient pas. Ils avaient remarqué les effrayants symptômes. Il fallait se hâter. Coûte que coûte, il fallait deviner l’énigme, – car, du fond du ciel, un sphinx impassible guettait.

C’est à ce moment qu’on essaya le miroir concave. Mais quand servirait efficacement ce porteur de lumière, qui, avec ses pauvres trois cent mille kilomètres à la seconde, ne serait aperçu de là-bas peut-être que trop tard ?

Leurs ondes à eux devaient être autrement rapides, et impressionner notre planète – aussi instantanément que notre télégraphe intérieur nous donne le contact.

« Ah ! gémissait Zalobib Kodar, trouver le moyen d’utiliser leur retour !… »

Il ne pensait plus qu’à cela maintenant. Enrichi de toutes les menues découvertes faites depuis la nuit du 20/21 mars, il espérait encore préserver la Terre du cataclysme. Car, à présent, il n’y avait plus à douter que sur des questions secondaires : c’étaient bien les ondes qui affolaient les hommes et les poussaient au meurtre ; – en mars 1987, rien ne faisait prévoir la guerre, tandis qu’en juin elle semblait devoir éclater d’une minute à l’autre, et déjà couvait partout, sous les cendres d’une paix précaire.

Les crises se succédaient sur toute la face de la Terre, toujours plus graves, toujours plus violentes. Le meurtre était latent. Son potentiel allait-il se révéler soudainement ? Une nouvelle guerre coucherait-elle à nouveau des millions d’hommes ? L’avenir semblait un abîme.

Ni Zalobib Kodar, ni le Fakir, depuis longtemps, ne dormaient plus. Quant à Sirmon Lovdak, réduit à la peau et aux os, les nerfs seuls charriant son activité indiminuée, il avait changé de visage : les yeux tour à tour illuminés d’espoir ou glauques de détresse, lorsqu’il songeait à Élita.

L’Hindou, à plusieurs reprises, avait demandé au savant de tenter sur lui-même une dernière expérience. Mais Zalobib Kodar, qui poursuivait une piste nouvelle, ne voulait s’y résoudre que sûr du succès. Et les jours isochrones marchaient ; et chaque matin apportait des nouvelles plus alarmantes…

… Ce fut dans les premiers jours de juillet 1987 que Sirmon Lovdak, subitement, devint fou. Son surmenage, l’exaltation et la dépression alternées où le jetaient ses recherches, et surtout l’anxiété insupportable où l’on vivait, valurent à cet homme de valeur la terrible déchéance. Il avait aussi dû désespérer de jamais conquérir l’implacable Élita.

Très ému, Zalobib Kodar l’avait fait enfermer dans une petite cage vitrée de mica, en attendant la nuit pour le faire descendre dans la Ville ; demeuré seul avec le Fakir, il mit lui-même la main aux derniers préparatifs du nouveau transformateur. Puis, en attendant l’heure du signal, ils se promenèrent tous deux sur la terrasse, en songeant à leur malheureux collaborateur. Lorsqu’ils revinrent dans la salle de transmission, ils aperçurent Sirmon Lovdak, nu et couché sur la table de verre : il s’était relié lui-même aux appareils et attendait la mort. Ils se précipitèrent tous deux ; mais avant qu’ils parvinssent près du malheureux, le pré-écouteur s’était mis à fonctionner. Instinctivement, chacun avait pris une main du patient, d’un mouvement réflexe, pour l’arracher à la mort ; et, instinctivement encore, pour s’empêcher mutuellement de risquer leur vie, chacun d’eux avait saisi la main de l’autre ; avec Sirmon Lovdak sur la table de verre, isolés eux-mêmes par les plaques de verre du sol, ils formaient une chaîne involontaire. Cela leur fut la révélation. Car Sirmon Lovdak ne mourut pas. Pas plus que ses deux sauveteurs. Leurs fluides réunis dans une silencieuse volonté avait triomphé des ondes inconnues.

Deux jours après, le Fakir s’asseyait sur le siège de verre, et, impassiblement, regardait le scalpel fouiller ses chairs. Quand il fut devenu l’Homme-Machine, il était un peu plus exsangue que d’ordinaire, mais il souriait imperceptiblement, la tête penchée sur l’épaule. Quelques instants avant l’heure, vingt spécialistes vinrent faire la chaîne ; et lorsque l’électrochronomètre cessa de marquer les temps, toutes les ondes perçues par les écouteurs magnétiques avaient traversé leur chair.

Dès le surlendemain, les troubles qui convulsaient les habitants de la planète entraient en défervescence.

Pendant trente jours, le Fakir contraignit Zalobib à l’accepter comme Homme-Machine. Il était presque devenu son propre squelette. À ce moment, le calme était à peu près revenu sur le globe. Des volontaires s’offrirent pour le remplacer et, le péril étant ajourné, Zalobib Kodar put continuer ses recherches en compagnie de cryptographes renommés : dans la pensée du savant, le Fakir n’était pas seul à avoir raison et les messages 33 et 77 servaient à double fin.

Un jour, il eut l’idée que le message 33 représentait peut-être des sons ; les articulations astrales devaient être au nombre de 77. Mais cela ne l’avançait pas à grand-chose. Un peu plus tard, il songea à décomposer l’esperido en trente-trois sons les plus simples et à réunir les sons par soixante-dix-sept consonnes ou groupes logiques de consonnes. Il espérait arriver ainsi à forger un langage qui eût quelque chance d’être accessible aux Astraux.

Puis il lui fallut un appareil pour le transmettre, et un nouveau transformateur pour un nouvel Homme-Machine. Des jours et des nuits, il s’attela à la besogne. Lorsqu’il parvint à lancer son premier message, il se borna à répéter les 33 et les 77 signes, et quotidiennement il profitait des ondes-à-retour. Bientôt, il ne transmit plus que les signes impairs. Puis seulement les signes pairs.

Mais les messages 33 et 77, reçus par les postes terriens, demeuraient les mêmes.

Enfin, le jour vint où l’immense miroir saharien put servir. L’on avait attendu l’époque où la Terre arrivait au maximum d’aphélie, et, par une nuit sans lune, mais lucide d’étoiles, un soleil électrique s’alluma sur le globe. Des propositions géométriques simples, des successions de combinaisons arithmétiques, et enfin la reproduction supposée d’un groupe astral visible à la fois de Mars et de Jupiter furent représentées en schéma lumineux que l’immense miroir avait pour mission de projeter à l’infini.

Des mois s’écoulèrent. Selon l’Hindou et le savant, l’échec de leur tentative avait dû suffisamment étonner les Astraux pour leur faire prêter une attention plus grande que jamais aux manifestations de notre infime globe.

Quoi qu’il en dût être, les ondes-à-retour étaient déviées, « boomeranguées » vers leur point de départ. La Terre, pacifique, pouvait vivre… jusqu’à la prochaine découverte des Astraux. Car il n’y avait pas de raison qu’ils s’en tinssent là si, vraiment, ils happaient nos « âmes. » L’imprévisible, horrible et grandiose, continuait d’enchâsser la Terre.
 
 

(À suivre)

 
 

 

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(Marcello-Fabri, in La Renaissance d’Occident, troisième année, tome V, n° 1 et 2, janvier et février 1922 ; illustrations de Jean-Paul Quint, extraite du numéro de La Baïonnette consacré à « la Guerre vue des autres Planètes, » quatrième année, n° 175, 7 novembre 1918, et de Roland Topor)