I
Las du séjour de Londres, où trop longtemps sa dignité avait souffert des doutes qui s’étaient élevés sur son sexe, le chevalier d’Éon se dirigeait vers le port de Douvres, à dessein de s’embarquer pour la France. Il espérait qu’une absence de quelques mois parviendrait à étouffer le scandale dont il avait été victime et les spéculations odieuses et burlesques dont le rang d’ambassadeur n’avait pu le préserver.
Depuis plusieurs années, la pratique du pari mutuel avait pris à Londres une telle extension qu’elle était devenue une sorte de folie. Et lorsque les insinuations du comte de Guerchy commencèrent à partager les esprits sur la question de savoir à quel sexe appartenait le chevalier d’Éon, quelques hommes d’affaires, flattant la manie des Londoniens, n’avaient pas craint de se livrer à un agiotage unique dans l’histoire. Des polices d’assurances furent dressées et de véritables sociétés se créèrent, les unes en faveur de la thèse de ceux qui tenaient le chevalier pour mâle, les autres à l’intention de ceux qui voyaient en lui une femme.
Ce problème intime préoccupa les esprits à un tel point que le chevalier reçut des billets dans le goût de celui-ci, par lequel une petite fille de douze ans « priait M. le chevalier d’Éon de bien vouloir lui faire l’honneur d’accepter à dîner dans sa maison, parce que son papa aurait été bien aise de savoir si Son Excellence était un homme ou bien une femme, comme beaucoup l’en avaient assuré. »
L’attitude très digne dont le chevalier ne se départit jamais dans cette affaire ne parvint pas à désarmer la curiosité malsaine de ces fâcheux. Ce fut en vain qu’il pénétra un jour dans un café fort fréquenté à Londres et qu’après avoir brisé deux ou trois cannes sur l’épaule des agioteurs les plus remuants, il annonça avec beaucoup de hauteur à l’assistance que son épée se tenait à la disposition de ceux qui souhaitaient savoir s’il était véritablement un homme.
Il ne fallait pas qu’il songeât à fuir aux yeux de tous : son voyage eût été troublé par des entreprises d’enlèvement dont il avait eu plusieurs fois grand’peine à se défendre. C’est donc bien avant le jour qu’il avait quitté Londres, et, seul, son secrétaire particulier avait été instruit du lieu exact où il se rendait. Encore n’était-il pas tout à fait sûr que son départ fût demeuré inaperçu, tant était grande la curiosité qu’il suscitait.
Il roulait à présent parmi l’aube aigrelette, dans son carrosse bien clos. Il entendait tel qu’en songe les claquements du fouet et les cris dont le postillon encourageait la galopade passionnée des chevaux ; et il aurait voulu toujours demeurer ainsi, loin de l’inquiétude des villes, dans la précieuse contemplation des arbres du chemin qu’il voyait fuir et s’évanouir dans la brume comme des fantômes à l’aspect de l’aurore.
Ce fut vers midi que le chevalier aperçut les premières maisons de Douvres. Il fit arrêter devant une hôtellerie et s’y attabla pour un bref repas, après avoir envoyé au port son laquais s’enquérir de l’heure à laquelle devait partir le premier vaisseau à destination de Calais. Son impatience de quitter le sol anglais était extrême ; aussi l’indication qui lui fut rapportée qu’il ne pourrait s’embarquer avant le surlendemain ne laissa-t-elle pas de le jeter dans l’humeur la plus noire.
Comme il se promenait d’un air sombre par la ville, il se trouva soudain face à face avec M. de Beaumarchais qu’il n’avait pas revu depuis plusieurs années. Le chevalier admira fort le hasard de cette rencontre en pays étranger. Mais il s’en émerveilla plus encore lorsque M. de Beaumarchais lui apprit qu’il n’était en Angleterre que pour le voir, sur l’ordre du roi Louis XV, et dans le seul dessein de l’entretenir des volontés de ce monarque.
Le chevalier se déclara disposé à entendre immédiatement M. de Beaumarchais et le pria de bien vouloir le suivre à son hôtellerie, où il avait retenu deux ou trois chambres assez propres.
Il ne fut pas fâché en son cœur de cette rencontre, car il supposait que le roi s’était décidé enfin à lui faire rembourser les sommes considérables dépensées dans son ambassade et dont il avait sollicité en vain depuis de longs mois le recouvrement.
Mais M. de Beaumarchais, ne lui soufflant mot de cette créance, lui indiqua que le monarque l’avait envoyé auprès de son ambassadeur à Londres pour s’entendre avec lui sur les termes d’un contrat dont il lui lut sur-le-champ le projet :
« Que les parents de feu M. le comte de Guerchy rendaient M. le chevalier d’Éon responsable de la mort dudit comte et qu’ils avaient juré de faire assassiner ledit chevalier lorsqu’il se trouverait en France ;
Qu’en conséquence Sa Majesté, pleine de sollicitude pour son très cher et très aimé ambassadeur à Londres, lui conseillait de ne paraître en France que sous des habits de femme ; qu’en effet un très grand nombre de gens, tant en France qu’en Angleterre, restant persuadé que M. le chevalier d’Éon appartenait au sexe féminin, Sa Majesté voulait mettre à profit cette fable et soustraire son ambassadeur à la méchanceté de la famille de Guerchy, à qui l’honneur défendrait désormais de tirer vengeance d’une femme. »
Le récit ajoutait que le roi, « connaissant le mépris que le chevalier faisait du danger et craignant à juste titre qu’il ne tînt pas compte de sa suggestion, non seulement lui conseillait, mais lui ordonnait de signer le contrat que lui présenterait M. de Beaumarchais, par lequel il s’engagerait à ne paraître en France que sous des habits féminins, à peine, s’il ne se conformait à cet ordre, de se voir conduire hors des frontières dudit royaume. »
Quand M. de Beaumarchais eut achevé sa lecture, le chevalier se demanda s’il n’avait pas été en proie à quelque songe, et il demeura longtemps plongé dans l’accablement le plus profond.
Donc, il n’allait fuir l’Angleterre que pour retrouver en France le même doute injurieux qui pesait sur sa personne ? Et, pour comble de disgrâce, lui, chevalier de Saint-Louis, capitaine de dragons et ambassadeur, devrait consentir à ce déguisement indigne de son état ? Il ne fallait même pas qu’il songeât à renoncer à son voyage, jusqu’au moment où le roi, se rendant à ses prières, annulerait peut-être l’ordre détestable ; outre le désir ardent qu’il avait de quitter l’Angleterre, il était urgent qu’il se rendît à ses domaines de Bourgogne pour mettre en ordres ses affaires qui se trouvaient en fort mauvais état. Quel démon l’avait poussé, au début de sa carrière, à se rendre en Russie sous des habits de femme, avec le jeune chevalier Douglas, et à se faire agréer “lectrice” d’Élisabeth, afin de pouvoir soutenir auprès de cette impératrice les prétentions du prince de Conti à la couronne de Pologne ! Le déguisement auquel il s’était prêté jadis dans l’inconscience de sa jeunesse, pour favoriser l’ambition du prince, ne laissait que trop de crédit à l’équivoque ridicule dont sa vie, depuis un an, se trouvait importunée.
Ce fut en vain que pendant deux ou trois heures, avec l’esprit éclatant qu’on lui sait, M. de Beaumarchais essaya de persuader au chevalier que, bien loin de s’affliger, il devrait plutôt se réjouir de l’obligation où il se trouvait ; que ce déguisement serait pour lui une source merveilleuse de fantaisie et d’aventures paradoxales les plus plaisantes du monde ; et qu’au surplus, avec des joues imberbes où brillait la jeunesse, avec ses yeux pleins de feu, aux longs cils recourbés, sa taille parfaite, il ne laisserait pas de paraître fort avantageusement sous des habits féminins.
« Vous aurez l’honneur bien doux, lui dit M. de Beaumarchais, de recevoir les compliments des belles dames qui vous féliciteront d’être des leurs. Votre admirable carrière diplomatique leur semblera propre à démontrer, mieux que tous les grands discours, que sous leur apparence frivole se cache l’art de séduire et de persuader ; qu’elles pourraient faire des politiques aussi subtils que les hommes ; et que désormais ces derniers auraient mauvaise grâce à priver plus longtemps l’État des services précieux que les femmes pourraient lui rendre.
Quant à l’art de la guerre, vous diront-elles, dont les homme se montrent si vains, grâce à la vaillance que vous avez fait paraître dans maintes batailles, ces messieurs trouveront bientôt à qui parler. Mettons glaive aux poings et cocarde aux bonnets : vous serez notre général ! Point de quartier pour les faiseurs de faux serments, pour les amants sans délicatesse, pour les jaseurs, les fats, les sots, pour les maris trop exigeants qui voudraient que leurs femmes à vingt ans eussent les goûts de la vieillesse ! Puisqu’ils ne veulent point entendre la raison, nous donnerons du canon contre nos tyrans, jusqu’à ce qu’ils nous demandent grâce ! »
Il ne fallait rien moins que tout l’esprit de M. de Beaumarchais pour que le lendemain le chevalier se trouvât presque consolé. Et deux jours après, il débarquait à Calais dans le galant équipage d’une femme de qualité.
II
Il ne sera pas inutile de dire quelques mots sur feu le comte de Guerchy, auquel il a été fait allusion dans l’étrange contrat que nous avons vu tout à l’heure.
Le comte de Guerchy était un gros homme d’une sottise fort notoire et d’une présomption qui sentait assez la folie. Jaloux des bontés que Louis XV faisait paraître au chevalier d’Éon, il avait conçu une haine extraordinaire à l’égard de celui qui venait d’être fait ambassadeur à Londres, en reconnaissance des services qu’il avait rendus à la France dans l’élaboration du traité de paix de la Guerre de Sept Ans.
Comme le comte se trouvait à Londres quelques mois après la nomination du nouvel ambassadeur, il appliqua tous ses soins à détruire celui-ci dans l’esprit de Louis XV. Il accusa le chevalier de voler son roi, en portant sur l’état des frais de l’ambassade des sommes bien supérieures à celles qui avaient été dépensées effectivement. Il glissa même des misérables parmi les gens du chevalier, afin de le faire espionner et de pouvoir noircir ses actions les plus innocentes. Le chevalier, instruit de ces agissements, chassa à coups de canne un des espions et inscrivit sur l’état des dépenses, objet du litige : “Pour remplacer une canne brisée sur le dos d’un domestique français chargé de contrôler mes actions : 2 livres, 10 sols.” Lorsque, pour établir son intégrité d’une façon éclatante, le chevalier publia le mémoire des frais de l’ambassade, personne ne se trompa sur la signification de cet article. C’est alors que le comte, voyant l’insuccès de son accusation, souleva, le premier, des doutes sur le sexe de notre ambassadeur et fomenta ce mouvement intense de curiosité et ces paris nouveaux dont le pauvre chevalier eut tant à souffrir. Mais, à son tour, d’Éon fit paraître un opuscule où les agissements de son ennemi étaient exposés et ses travers dépeints avec une telle verve que le comte ne pouvait paraître dans une assemblée qu’un murmure ironique n’accueillît sa présence. Le gros de Guerchy s’accommoda si peu d’un semblable ridicule qu’après en avoir langui pendant quelques mois, il en mourut enfin, justement puni de sa méchanceté et de son impertinence. Pour venger sa mort, ses héritiers avaient résolu de faire assassiner le chevalier quand il viendrait en France ; et c’était ainsi que Louis XV l’avait obligé à revêtir des habits féminins, afin qu’il ne tombât pas sous les coups de ses ennemis.
*
Le chevalier se trouvait dans une telle impatience de revoir sa chère maison de Bourgogne qu’il avait quitté Calais sans vouloir prendre une heure de repos. Il avait résolu d’adopter le surnom de Mme d’Érigny, en souvenir d’une maîtresse morte à vingt ans, la seule peut-être qu’il eût vraiment aimée. En portant ce nom tant de fois soupiré, il pensait faire revivre un peu la jeune morte. Il s’était même fardé à sa ressemblance ; et il essayait de se rappeler les gestes qu’elle avait coutume de faire et ses inflexions de voix, afin de les imiter. Il se pénétrait pendant des heures des pensées et des sensations qu’elle avait pu avoir ; et soudain, plongé dans une torpeur étrange et délicieuse, il crut que son âme était morte et qu’il était lui-même l’objet bien-aimé.
Le chevalier avait dessein de s’arrêter dans un village, où il comptait arriver dans le milieu de la nuit. Mais, vers dix heures du soir, un essieu de son carrosse se rompit, et ce fut miracle si le chevalier et ses gens sortirent indemnes de l’affaire. La situation ne s’en trouvait pas moins fâcheuse, et ce fut avec joie qu’il aperçut non loin de la route un château d’assez belle apparence, où il résolut de demander l’hospitalité en attendant le jour.
Il confia à l’un de ses deux laquais la garde du carrosse et, accompagné de l’autre, il se dirigea vers le château dont la haute grille laissait voir, sous la lune, le parc le plus merveilleux qui se pût rêver. Il sonne et, quelques minutes après, une sorte de jardinier, tenant en main une lanterne, apparut derrière la grille, tout tremblant de la peur que lui inspirait une visite aussi tardive. Mais en apercevant le chevalier sous l’apparence d’une dame richement vêtue et de l’air le plus noble, il se rassura bien vite et s’empressa d’ouvrir le portail.
La fausse Mme d’Érigny lui fit part du contre-temps dont elle avait été victime et lui expliqua qu’elle avait sonné à ce château dans l’espoir que ses maîtres voudraient lui donner l’hospitalité pour la nuit, en attendant que l’essieu de son carrosse pût être réparé. Le jardinier lui répondit qu’elle se trouvait dans un couvent de jeunes filles nobles, mais qu’il ne doutait pas que la supérieure se trouvât honorée d’accueillir une dame de sa qualité.
Ensuite, il pria le chevalier de le suivre, et ils s’engagèrent tous deux dans une allée grandiose qui conduisait au château.
Ce château avait appartenu jadis à un riche gentilhomme qui avait fait de son parc la plus belle chose du monde. Adorateur de l’antiquité, il y avait élevé la statue de tous les Dieux, avec des inscriptions tirées des poètes alexandrins. Mais un changement soudain de la fortune l’avait obligé à vendre ce domaine, qui fut transformé en un couvent de jeunes filles nobles.
Alors, on fit abattre les marbres divins qui dressaient leur haute nudité dans le soir et l’humide floraison des jets d’eau périt dans les vasques verdâtres. On fit effacer aussi les douces inscriptions païennes, et les socles muets qui s’élevaient maintenant le long des allées étaient comme les tombes de tant de divinités abattues. Mais autour d’eux les roses, déesses vivantes, avaient fleuri ; et par les après-midi lascives de l’été, elles disaient les choses de l’amour aux jeunes couventines errantes dans le parc.
*
Le chevalier s’approcha d’un socle désert éclairé par la lune et put y lire quelques mots échappés par miracle aux mains dévastatrices. C’était une épigramme de la poétesse Nossis :
Celle qui n’aime point Vénus sur toutes choses,
Elle ne peut savoir quelles fleurs sont les roses.
Comme il se penchait pour mieux lire, il aperçut un petit aileron sculpté qui gisait là, sous l’enchevêtrement des roses. Il considéra avec émotion ce pauvre objet couvert de mousse, seul vestige de tout un peuple de marbre ; et soudain, dans un éblouissement, il crut apercevoir le visage doré de l’Amour qui souriait divinement parmi les rameaux immobiles et sombres.
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La supérieure avait déclaré, en s’excusant fort honnêtement, qu’il n’était pas une chambre dans ce couvent qui ne se trouvât occupée ; mais que Mme d’Érigny ne dérogerait pas en partageant le lit d’une de ses jeunes pensionnaires, puisque toutes appartenaient aux familles les plus nobles du royaume. Et c’était ainsi que le chevalier, couché dans le lit d’une vierge, au fond d’une chambre qui n’avait nullement l’apparence d’une chambre de couvent, feignait de dormir en songeant à la fortune étrange et merveilleuse dont il se trouvait favorisé.
*
Assise près d’une table, une jeune fille d’une grande beauté écrivait. Elle s’interrompait parfois et méditait dans une attitude pleine de grâce et de gravité. Lorsqu’elle eut achevé d’écrire, elle se leva et ouvrit la fenêtre : toute la nuit bleue pénétra dans la chambre ; et, dans le silence parfait, un rossignol chanta. Elle s’accouda quelques instants au balcon, puis commença de se déshabiller, livrant aux regards du chevalier presque mort de désir, le corps le plus piquant, le plus précieux, le plus ravissant du monde. Elle se glissa dans le lit nue à demi, et sa jambe adorable toucha la jambe du chevalier.
« Daignez me pardonner, Madame, lui dit-elle ; je vous ai réveillée.
– Non, mon enfant, je ne dormais pas encore, lui répondit le chevalier ; mais devant que le sommeil ne me prenne, je voudrais baiser votre jolie bouche : vous avez été si bonne de recueillir auprès de vous une pauvre voyageuse perdue dans la nuit.
– Madame, votre baiser me trouble et me rend toute songeuse : il ressemble tant à ceux que me donnait ma meilleure amie qui a quitté le couvent depuis un mois, pour se marier… Mais comme votre cœur bat avec force !
– C’est l’Amour qui s’agite dans mon cœur ; il y est enfermé et il essaye en vain de sortir de sa prison.
– Madame, votre main est brûlante : je crains qu’un mal soudain vous ait prise.
– Oui, je sens une fièvre ardente qui me consume. Votre jeune corps est si frais ! Pressez-vous contre moi : toute la fièvre de mon corps disparaîtra. »
Alors, leurs membres se mêlèrent étroitement et l’Amour au visage doré tint la promesse de son divin sourire. L’ombre entendit longtemps le bruit humide des baisers, les plaintes, le rythme des soupirs et les paroles douces comme les murmures d’un jeune enfant qui rêve. Puis, l’aurore qui ruisselait des hautes fenêtres les surprit sommeillant en des gestes d’amour commencés. Ils s’éveillèrent et se regardèrent sans honte.
« Pardonne-moi, cher amour, dit-il, ma tromperie. Le roi m’a contraint de revêtir des habits de femme pour déjouer la vengeance de la famille de Guerchy. Je suis le chevalier d’Éon. Je ne saurais désormais vivre sans toi, et je te supplie d’accepter mon nom.
– Je suis la fille du comte de Guerchy, mais je n’ai jamais partagé l’injuste esprit de vengeance qui anime mes frères contre toi. Tu es ravissant sous ton déguisement. Je te pardonne et je t’aime. Je dois quitter ce couvent dans peu de jours ; j’apaiserai mes frères : ils deviendront les tiens. »
Deux mois plus tard, le chevalier d’Éon épousait Mlle de Guerchy. Le maréchal de Noailles, le duc de Choiseul, le cardinal de Bernis, lord Ferrers, venu exprès de Londres, le duc de Richelieu, le comte de Lauraguais, étaient présents à la cérémonie du mariage qui fut la plus belle et la plus touchante du monde, et le roi lui-même daignait y assister.
FIN
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(Gilbert Lély, in La Griffe financière, politique, théâtrale & littéraire, septième année, jeudis 23 septembre, 7 et 24 octobre 1926. Thomas Hudson, « Portrait du chevalier d’Éon, » huile sur toile, c. 1770 ; gravure anonyme, « Portrait du chevalier d’Éon habillé en femme, avec les attributs de la franc-maçonnerie, » sd)


