COURBET FEMME NUE AU CHIEN
 
 

AFFICHES DES MURS DE PARIS

 
 

10 décembre 1820. – Récompense honnête (c’est-à-dire 5 fr.) – « Il s’est égaré de son ménage, le 16 août 1819, une femme qui répond au nom de Jeanne-Adélaïde-Sophie Picard, femme Godard, âgée de trente-huit ans, ayant le teint un peu coloré, la figure distinguée, l’épaule gauche plus haute que la droite.

Le sieur Godard, son mari, se recommande à la protection des époux de la capitale, qui ont eu comme lui le malheur d’épouser une jolie femme, etc. Il espère que dix-huit mois de jouissance auront pu satisfaire celui qui la possède, et qu’il voudra bien la rendre à son ménage et à ses enfants.

S’adresser au sieur Godard, son mari, rue Saint-Honoré n° 304, ou au sieur Picard, son père, garçon de bureau au ministère de la marine. » (Imprimé sur papier jaune.)

12 décembre 1820. – Cinquante francs de récompense, – à qui rendra une chienne anglaise, borgne, perdue depuis deux jours… Le reste est inutile.
 
 

_____

 
 

(J.-A.-S. Collin de Plancy, Anecdotes du dix-neuvième siècle, ou collection inédite d’historiettes et d’anecdotes récentes, de traits ou mots peu connus, d’aventures singulières, de citations, de rapprochemens divers et de pièces curieuses, pour servir à l’histoire des mœurs et de l’esprit du siècle où nous vivons, comparé aux siècles passés, tome premier, Paris : Charles Painparré, 1821 ; Gustave Courbet, « Femme nue au chien, » huile sur toile, 1862)