STRIG
 

Autour des demeures roumaines rôdent encore les strigoï ou fantômes des morts récemment enterrés. Dès qu’ils approchent, à la tombée du jour, les chiens se mettent à hurler. Alors, les femmes se déchaussent et retournent leurs souliers, semelles en l’air. Cela conjure la mauvaise influence des strigoï.
 

Dès lors, les fantômes deviennent impuissants à pénétrer dans les demeures ou à nuire à leurs habitants ; mais ils glapissent, ils sifflent, ils mugissent, et, le matin, ils s’éloignent en faisant un bruit semblable à celui des tambours voilés de crêpes funèbres.
 

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(André Charmelin, « Supertitions roumaines : babas et strigoï, » in Journal des Voyages et des Aventures de Terre et de Mer, deuxième série, n° 573, n° 1585, dimanche 24 novembre 1907)